200 ANS DE COMBAT

C’est l’occasion de citer Arthur Schopenhauer : « Toute vérité franchit trois étapes. D’abord, elle est ridiculisée. Ensuite, elle subit une forte opposition. Puis, elle est considérée comme ayant toujours été une évidence ». Une citation qui résume parfaitement la situation et les lignes qui vont suivre. Après 10 ans de combat sur notre média d’informations historiques où l’on désigne clairement les responsables des guerres de fin XVIIIe et début XIXe siècle, et où l’on dénonce les curieuses attitudes de la direction de la fondation Napoléon, on commence à voir quelques têtes qui se lèvent.

D’ailleurs, nous ne devrions pas nous justifier, notre pensée vient directement de l’enseignement de l’illustre Empereur qui connaissait bien, pour l’avoir vécu, ce combat.

Suite de l’épisode 5 – le livre interdit. En preuve, ce coup de gueule d’un « passionné » de Napoléon sur Facebook : « J’en ai marre de lire des posts avec la phrase « les guerres napoléoniennes », ce sont les guerres des coalitions avec comme chef de file l’Angleterre. Belle invention montée de toute pièce par celle-ci contre la France à plusieurs reprises pour anéantir l’Empire ».

Un coup de gueule, très courageux, associé à une vidéo de Christopher Lings de Tv Liberté répondant à Topito, un site web d’infodivertissement français spécialisé dans la réalisation de classements en tout genre créé par deux ex salariés de Yahoo (sûrement un gage de sérieux)…

En effet, Topito avait publié une vidéo sur Napoléon (Top 5 des trucs cools inventés par des sales cons, un titre de très haut niveau) avec ce genre de contenu : « Tyran colonialiste, la pitié pour ses adversaires ce n’était pas son truc, les conflits dont il est à l’origine ont engendré plus de 2 millions de morts. Enculé, pas enculé … Enculé ! ».

Donc comme je l’avais précisé entre parenthèses plus haut, nous avons affaire à du sérieux et du très haut niveau qu’au final, il convient peut être de préférer l’ignorance.

Alors bravo pour votre coup de gueule, bravo pour cette réponse vidéo à Topito. Et remarquons maintenant l’impact réel : la vidéo de Topito a atteint plus d’1,4 millions de vues, et celle de Tv Liberté n’a pas dépassé les 45 000 vues. Pas mal, c’est mieux que rien, comme dirait l’autre, mais l’écart est trop immense pour ne pas se poser des questions de fond.

La fondation Napoléon, organisation millionnaire, a depuis de nombreuses années un directeur, sans compter une influence dans les hautes sphères. Que fait ce directeur ? Rien, c’est le silence, et peut être sait-il d’avance que ça ne sert à rien de répondre à un site d’infodivertissement « de très haut niveau ».

Pour le bien de nos deux rebelles en herbe, j’aimerais leur apporter quelques précisions ou conseils pour la compréhension de l’Histoire. J’entends ou je lis « guerres de coalitions », d’où vient cette expression ? Je sais bien que vous l’avez lue, entendue quelque part et vous aimez à la répéter. Mais l’étymologie, le sens des mots, c’est très important pour ceux qui manient la langue, surtout la langue française.

Dans « guerres napoléoniennes », on vise Napoléon, c’est clair comme l’eau de roche, mais dans « guerres de coalitions », cela vise qui ? Vous constatez que c’est incohérent. Une coalition est une alliance de pays, mais pour organiser tout mouvement, il faut une tête – observez les organismes vivants.

Alors qui est la tête, qui organise ? L’Angleterre ? Mais encore une fois, c’est imprécis et injuste. Le peuple anglais ? Mais les peuples ne sont point hostiles à la base. Alors qui ? La réponse est très simple, il suffit de bien lire ce que montre le Carré Impérial depuis 10 ans.

Lisons maintenant une réponse d’un conférencier du Souvenir napoléonien Languedoc-Cévennes :

« Les guerres de la Révolution et de l’Empire, c’est une période qui va de 1793 à 1815. Ces guerres qui ont engagé la France ont une constante : “nos amis” les Anglais ont été toujours présents, moteurs, à chacune d’elle, soit financièrement, on appelait cela la “Cavalerie de St Georges”, soit militairement. Il y a eu en tout sept coalitions, sept, contre la France et les Français. En tout donc, pendant la Révolution et de l’Empire, sept coalitions anti-françaises, sept coalitions, de tous les états européens et même de la Turquie, avec en constance, la Grande Bretagne, contre la France, et contre les Français. Alors, à votre avis, que devrait-on dire ? Guerres napoléoniennes, ou guerres anti-napoléoniennes ? »

À ce cher conférencier du Souvenir napoléonien, j’aimerais lui répondre par du Charles Gave :

« Le drame de la France, c’est de faire cette erreur logique absolument incroyable. C’est de penser que ceux qui ont fait les meilleures études sont les plus intelligents. Ce n’est pas vrai du tout. Dans une université des États-unis, un professeur avait posé, un jour, une question aux élèves : Pourquoi croyez-vous que l’on cherche à vous embaucher ? Et les élèves ont tous dit, mais il est idiot, c’est parce que nous sommes les meilleurs, c’est évident. Non, pas du tout, reprit le professeur, c’est parce que vous avez tous suivi des études, et cela montre que vous n’avez aucun caractère. Si vous aviez le moindre caractère, ça ferait longtemps que vous auriez créé votre entreprise. Et donc vous avez montré que vous étiez capables de répéter ce que vous disent les professeurs, et c’est ce qu’on appelle l’intelligence, mais cela n’a rien à voir avec l’intelligence dans la vie de tous les jours… Le système d’Éducation fait monter des gars qui ont une mémoire de cheval et qui n’ont aucun caractère ». 

Ce cher conférencier du Souvenir napoléonien n’a donc visiblement aucun caractère car il répéte ce que la papauté tulardienne décrète. « Guerres de coalitions » ou « guerres anti-napoléoniennes » n’a pas de sens si on ne désigne pas le nom véritable du chef ou groupe commandant les coalitions.

Passons maintenant à une réponse d’une femme. Je précise « femme » car là, cela vérifie la sociologie humaine :

« Je pense que l’on doit retenir, au delà du génie dans tous les domaines de notre bien aimé Empereur, qu’en dépit des apparences, il n’a cessé de vouloir faire la paix. Il suffit de reprendre les traités signés en ce sens et d’installer l’égalité des droits de manière concrète. C’est en tout cas ma conviction !!! ».

Et voici ma réponse :

« Conviction que nous partageons tous, car elle est évidente. Mais pour aller plus loin, c’est une conviction toute féminine, et l’esprit féminin voit en général la finalité, le résultat d’un conflit comme la priorité. L’esprit masculin, qui connait le combat (normalement), doit penser au delà du résultat, c’est à dire la cause du résultat, et place la cause en priorité. Il n’y a que le Carré Impérial qui désigne et qui explique de façon claire et nette ceux qui ont organisé ces guerres. Ce ne sont pas les Anglais, car comme l’illustre Empereur, nous n’avons rien contre le peuple anglais, mais nous ciblons ceux qui sont à la tête. Alors, au lieu de se focaliser principalement sur Napoléon, osons nommer ce que la fondation Napoléon s’interdit de nommer. Nommons-les, puisqu’ils portent un nom. Ce sont les rois du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande : George III, son fils et futur George IV. Ce sont les ministres du gouvernement anglais, W. Pitt junior, R. Banks Jenkinson 2e comte de Liverpool etc… Et ce groupe est de religion anglicane et agit tribalement. Ce groupe s’appelle les Tories. Là, pour comprendre, il faut avoir un esprit éclairé à l’Antique, pas un « passionné » qui repète bêtement. Il faut en connaître leur langue, leur tribalisme, leur mécanisme, leur religion, leur manière de fonctionner en économie. Ceux qui sont à la tête actuellement de la fondation Napoléon ne comprennent pas cela, ou ne veulent pas comprendre, car ils sont, on le sait, pieds et poings liés à Londres, et aussi parce qu’ils fonctionnent uniquement de manière académique. Mais la vérité ne s’explique pas uniquement et seulement de manière académique, elle peut être en dehors, d’une autre position. Cela se vérifie depuis l’Antiquité, il y a deux écoles, celle de l’académie, et celle du « terrain ».

Celle du terrain, ce sont des personnes indépendantes, libres, des géographes, des aventuriers, des combattants, et par cet environnement, il est logique qu’ils aient une vision différente mais tout aussi criante de vérité de celle d’un quatre murs où il n’y a pas d’horizon, ni mouvement de la Nature. Même si l’académie ignore cette école parallèle, mais tout dépend de la politique menée, nous ne sommes pas hostiles à l’académie, et nous considérons comme une chance d’avoir des modes différents et complémentaires pour transmettre le savoir à la future génération ».

Et voici la réponse de M. Vincent Haegele, auteur de Napoléon et Joseph Bonaparte, correspondance intégrale, 1784-1818 aux éditions Tallandier, et de Napoléon et Joseph Bonaparte, le pouvoir et l’ambition, également chez Tallandier, prix de la fondation Napoléon :

« La plupart des terrains ont bien changé en 200 ans. Seuls demeurent les monuments (modifiés pour beaucoup), mais d’abord les dépôts d’archives, les bibliothèques, les greniers que les historiens de salon comme moi fréquentons pendant des heures ». 

Il faut que ce Versaillais sans caractère sache qu’à trop fréquenter les placards, on finit par prendre leur forme et par s’imprégner de leur poussière. L’expression « historien de salon », que j’emploie, vient du général Gourgaud, auteur d’un très bon examen critique de l’ouvrage de M. le comte Ph. de Ségur. Ce héros est sorti de son silence pour défendre l’honneur de Napoléon et de la Grande Armée, rétablir la vérité, et répondre point par point aux assertions de ce comte de Ségur aux ordres des Bourbons. Son examen, en plus de décrire avec exactitude les faits, montre la vision différente entre les hommes de terrain, incarnant les choses accomplies (res gestae), et ceux du salon qui, s’ennuyant dans le vice, fantasment sur ceux qui font l’Histoire. On sait que la fondation Napoléon se refuse de citer en référence cet examen. Voilà ce qui démontre que peu de choses ont changé en 200 ans et qu’à trop apprécier le salon, on se déconnecte de la réalité de ce monde en perpétuel mouvement.

Pour conclure, j’ai envie de vous faire partager deux extraits de deux livres d’Olivier de Kersauson. Premièrement, parce que c’est admirablement bien écrit. Deuxièmement, parce que l’auteur appartient à ces hommes indépendants, libres, géographes, aventuriers, combattants et qu’il sait ce que représentent les choses accomplies. Et troisièmement, parce que la vision de l’auteur montre la grande différence entre ceux qui ont du caractère, vivent leur destin, prennent des risques et ceux qui se réfugient dans le confort. Il y aura d’un côté le silence ou la parole à bon escient, l’humilité, et de l’autre trop de bavardages et de flatteries.

Extrait d’Ocean’s Songs chez le cherche midi :

« Je reste insensible à ce qui se dit ou s’écrit. Tabarly était comme cela et je garde de lui ce cloisonnement des sentiments. Je souffrais de cette injustice qui lui était faite. Je trouvais cela malhonnête et d’une bêtise crasse. Éric, lui, haussait les épaules. Il tenait sa propre frontière et personne n’y entrait sans y avoir été invité. De toutes les manières, il était apparu dans la légende depuis 1964 et l’histoire, on le sait, a négligé de se souvenir de ces attaques. Il disait, en murmurant entre ses dents : « On se donne du mal pour bien faire… » Je le voyais, impassible, inatteignable, les yeux mis-clos. Je crois qu’il se moquait complétement de ce qui s’imprimait sur son compte. Il naviguait pour la joie que cela procure. Je fais cela depuis quarante ans. Parmi ses legs, la dimension exacte de ce qu’est l’indifférence est sûrement celui qui me sert tous les jours. J’ai appris de lui, entre autres, le refus des solutions pas claires, le respect de la souveraineté en mer, l’équilibre du sage et le respect des distances à terre. C’était un homme entouré d’espaces qui portait le masque de la supériorité et qui en même temps était profondément mal à l’aise avec l’artillerie du verbe. Un homme tout d’une pièce qui, un jour, devant un journaliste qui l’avait injustement égratigné fit cette sortie si réjouissante aux oreilles de l’équipage : « C’est un sale con… De toutes les façons, il ne tiendrait pas dix minutes à bord ! » Qu’est-ce qu’un patron en mer ? C’est celui qui est capable de ramener son équipage, de porter toutes les responsabilités et d’accepter de ne pas recueillir les fruits du succès… Il fut un immense serviteur du large qui haïssait l’impudeur des émotions. L’homme raisonnable renonce souvent face à la cause qu’il sent perdue. Lui, jamais. Présents sur tous les océans quand les projets paraissaient insensés et les buts chimériques. Éric n’a jamais été inférieur à son destin. »

Extrait d’Homme libre… chez Fixot :

« Jai retrouvé, dans ce nouveau tour du monde, des bonheurs perdus. Des beautés d’obscurité la nuit, des lumières d’étoiles, des soirées sans lune. Des vents froids et des brises chaudes. Des coloris qui font croire en Dieu ».

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