Posts Published by Jean-Claude Damamme

Écrivain spécialisé sur la période napoléonienne. Ouvrages publiés : Lannes, Maréchal d'Empire (éd. Payot) ; Les soldats de la Grande Armée (éd. Perrin) ; La Bataille de Waterloo (éd. Perrin et Tempus) ; Les Aigles en Hiver, Russie 1812 (éd. Plon) ; Les Années-Mémoire (éd. Larousse-Bayard Presse) ; une série d'albums sur l'état de la France et du monde de l'après Grande Guerre.

Triomphe posthume

Cela fait plusieurs fois qu’il m’est donné de lire dans la « grande » presse, entre autres dans le Monde.fr, un commentaire que je trouve particulièrement et profondément malhonnête – ce qui, s’agissant de Napoléon, ne saurait surprendre. L’essence de ce commentaire ? « La défaite de Waterloo a marqué le début d’une ère de paix en Europe. »

Un minimum (pas davantage) de réflexion sans préjugé eût permis à ces analystes de livrer la seule conclusion qui se puisse tirer de ce constat : pour quelle(s) raison(s) Autrichiens, Prussiens, Russes, et autres Suédois de l’ami Bernadotte – je détesterais descendre du félon qui, à Leipzig en 1813, a fait tirer sur ses (ex-) compatriotes… – eussent-ils continué de faire la guerre à la France ?

Napoléon doit être le seul responsable des guerres (napoléoniennes, n’oublions jamais !) et des victimes
En effet, vilainement achetés à prix d’or par les Anglais, venus in fine leur donner un coup de main pour la mise à mort le 18 juin 1815 – jusqu’alors, ils ne s’étaient pas fatigués – n’avaient-ils pas abattu l’homme qui gênait les monarchies européennes de « droit divin », et le commerce planétaire des négociants de Londres ?

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Ligny dernière victoire

Certains, dans une fièvre non dénuée de mercantilisme, avaient préparé en 2015 le bicentenaire de la bataille de Waterloo, celle qui provoqua la chute de Napoléon et assura la prééminence de l’Angleterre. Cela faisait quinze ans qu’elle attendait ce moment, et, pour parvenir à ses fins, elle n’avait pas lésiné sur les charges de la « cavalerie de Saint-Georges ».

À l’appui du propos, je reproduis ici une citation qui figurait dans mon livre sur la bataille de Waterloo. Un peu antérieure à la rupture de la paix d’Amiens par l’Angleterre en 1803, elle est du diplomate russe Vorontsov :

Son système [celui du gouvernement anglais] sera toujours d’anéantir la France comme son unique rivale, et de régner ensuite despotiquement sur l’univers entier.

Il n’est pas inutile de méditer cette citation.

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Le déshonneur des élites

Le 14 juin 2015, le journal de 13 heures de TF1 a proposé aux téléspectateurs un « Zoom sur l’île de Sainte-Hélène, imprégnée du souvenir de Napoléon », avec visite de Longwood, pimpante comme un cottage du Kent, alors que le bâtiment, à l’époque, était un galetas humide dans lequel gambadaient des myriades de rats.

Des marins français, alignés devant la tombe de l’Empereur, entonnent le… « God Save the Queen »
Sur ce document, on voit et entend des marins français, alignés devant la tombe, devenue symbolique de l’Empereur, entonner le… « God Save the Queen ». Eh oui ! L’hymne national anglais – très beau d’ailleurs.

Même si, ensuite, retentit la Marseillaise, entendre chanter par nos marins l’hymne du pays qui a envoyé Napoléon mourir – je serais bien tenté d’employer un vocable plus cru – sordidement sur ce caillou maudit, a quelque chose de profondément indécent. De provoquant.

Ces marins font partie de l’équipage d’un bâtiment de projection et de commandement, le Mistral, qui avait fait escale à Sainte-Hélène en 2014. Curieux tout de même de repasser cette séquence un an après, pile au moment de la commémoration de la bataille de Waterloo ! Le hasard, évidemment.

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Duel face à Dan Snow

Il y avait du bifteck au menu avant le bicentenaire de la bataille de Waterloo de 2015, il faut bien prendre des forces avant un duel. Le journal Slate.fr avait relevé, signé du journaliste Dan Snow, un article du quotidien britannique The Telegraph daté du 14 mars 2015, et dans lequel on peut lire : « Les Français devraient mettre fin à leur histoire d’amour avec Napoléon. C’était un dictateur brutal et impitoyable. Au lieu de piquer une crise à propos de la pièce commémorative de Waterloo, la France devrait célébrer la chute de Bonaparte avec le reste de l’Europe ! »

Désolé, je vais être un peu long, mais, à la lecture de cet article, j’ai pris un coup de sang, et je me suis dit : « Y’en a marre » des diatribes anglaises contre Napoléon.

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