ET LA RÉPONSE EST…

Pour une nouvelle, ce fut une bonne nouvelle : un document écrit de la main du roi d’Angleterre dans laquelle le souverain fait part de son intention de déclarer la guerre à la France venait de faire surface !
Plus précisément, cela aurait pu – et dû – être une grande, une très grande nouvelle. On verra plus loin la raison de ce conditionnel restrictif.

AUCUN ECHO

On pouvait raisonnablement espérer et penser que ce document exceptionnel – il est évoqué sur le site du « Carré » sous le titre : « George III déclare la guerre à Napoléon » – aurait fait l’objet de la plus large diffusion possible, puisqu’il démontre sans aucune ambiguïté la responsabilité – totale – de l’Angleterre dans le déclenchement des fameuses guerres napoléoniennes.

Et que s’est-il passé ?

La réponse tient en un seul mot d’une simplicité biblique : RIEN.

J’ai fait des recherches via un moteur de recherche qui se définit comme notre « ami », et je n’ai rien trouvé.
J’ai fait la même recherche, titre par titre, dans les principaux médias français : résultat identique.
Finalement, je me suis dirigé vers le seul site sur lequel, je n’en doutais pas, j’étais certain de débusquer un article un peu consistant sur cette pépite : celui de la Fondation Napoléon, évidemment.
Ce fut la même désolation.

MÊME « HISTORIA » EST MUET

La « grande » presse n’en a pas soufflé mot.
Jusqu’à présent du moins, mais le temps passe… et c’est autant de gagné sur le moment où certains devront passer aux aveux. Si aveux il y a, ce dont on peut aussi raisonnablement douter.
Même le vénérable (110 ans) magazine « Historia » est contraint d’avouer : « Votre recherche n’a donné aucun résultat ».
C’est dire l’épaisseur du silence !

Cette lettre pouvait-elle être inconnue de la Fondation ?

En sa qualité de relais naturel, obligé, il est tout simplement impensable qu’elle n’ait pas eu connaissance de ce document qui venait de refaire surface après une immersion profonde de 216 ans. Il lui eût alors suffi de transmettre la bonne parole à ses « honorables correspondants », journalistes et obligés habituels, pour qu’elle essaimât par le bouche à oreille.

EXPERTE EN CACHOTTERIES

Comme je l’ai écrit dans un autre article sur le « Carré », le contenu de ce document (1) m’était connu depuis longtemps.

Alors, si, moi, simple « cavalier léger » aventuré en territoire « ennemi », j’en connaissais l’existence, qui peut imaginer un seul instant que nos sommités de la Fondation Napoléon aient pu l’ignorer ?

Je ne l’imagine donc pas, et, compte tenu de leurs dissimulations récurrentes, et toujours dans le même sens, j’incline à penser qu’elles ont soigneusement tenu cette perle d’histoire « au frais ».

Il eût fallu en effet être bien naïf pour croire que cette Fondation – cela sonne plus grandiose qu’association – experte en cachotteries mais pleine de suffisance, qui se définit comme LA référence en matière d’études napoléoniennes – et passe pour telle auprès du grand public ; qui règne en despote sur l’histoire du Premier Empire ; qui dissimule la tentative d’assassinat du Premier Consul rue Saint-Nicaise, un « exploit » commandité par Londres ; qui jette un voile opaque sur l’abjection que constitue la déportation des soldats français à bord des pontons (2), et qui, aujourd’hui, « étouffe » ce document essentiel pour l’histoire du Premier Empire ; oui, il eût fallu être bien naïf pour imaginer que cette Fondation se déciderait à révéler au grand jour une pièce qui porte un coup mortel à l’image historique de l’Angleterre, en conduisant à revoir toute l’histoire de l’Empire et de Napoléon.

Cela relève de la chimère.

Dans un pays normal, où une période historique ne serait pas l’otage d’une association sous influence, cette révélation eût été portée à la connaissance du plus grand nombre pour permettre de « revisiter » l’histoire du Premier Empire et de Napoléon. Qui en a bien besoin.

Et puis quoi encore ?

Il faut en effet veiller soigneusement à ne pas gâcher ses chances de pouvoir retourner dans les salons de l’ambassade de Grande-Bretagne distribuer les bons points aux auteurs méritants. Et bien pensants.

INEPTIE

Je me souviens qu’au plus fort de leur dénigrement hystérique de la thèse de l’empoisonnement de Napoléon nos éminences, de ce petit air sarcastique et suffisant qui est leur marque, disaient qu’elles n’y croiraient que lorsqu’elles auraient entre les mains l’aveu du crime, écrit de la main même du coupable.

Il faut avoir lu et/ou entendu semblable ineptie – formulation « soft » – pour en croire ses yeux ou ses oreilles.

Avez-vous jamais eu connaissance d’un criminel qui couche sur le papier son intention de commettre un forfait ?

Et quel forfait !

Dix années de guerres et de souffrances, suivies d’une subtile et sournoise intoxication des esprits, et d’une efficace désinformation en direction des pays européens, avec, bien sûr, un effort particulier vers la France, où, soigneusement relayée, elle s’est poursuivie sans faiblir jusqu’à aujourd’hui !

Mais comme le déclare Charles Ashton, le directeur de la maison d’enchères qui a mis la lettre en vente, « les guerres napoléoniennes sont emblématiques des immenses victoires remportées par l’armée britannique. Elles furent des moments décisifs de l’histoire de notre pays, car elles ont jeté les bases qui permirent à la Nation de dominer les mers, et de nous mettre au premier plan de l’histoire de l’Europe. »

Effectivement, il n’y avait pas de place pour deux, et ces « moments décisifs » valaient bien un bon petit massacre !

Les Anglais, qui ne sont pas stupidement « masos » comme nous, ne pratiquent pas l’autoflagellation.

LE SILENCE DES ÉMINENCES

Le mot de « criminel » pourra peut-être choquer, mais qu’il s’agisse d’un souverain étranger ne change rien à l’affaire.

À quel autre vocable aurais-je pu faire appel, lorsque l’on sait que la lettre de George III a jeté l’Europe dans un tourbillon infernal, et provoqué la mort et la mutilation de centaines de milliers de soldats, et pas seulement français ?

Cette fois, nos éminences l’ont, leur « preuve écrite ».
Et dûment signée.

Selon leur credo, cette preuve devrait donc les inciter à reconnaître la culpabilité de l’Angleterre – je sais, c’est douloureux – et à le faire savoir.

Mais reconnaître cette culpabilité de l’Angleterre supposerait de revoir de fond en comble la « philosophie » des guerres de l’Empire, revenir sur les accusations mensongères portées contre Napoléon, vous savez, ce tyran sanguinaire (autre appellation contrôlée), qui a saigné la France, et qui aime autant faire l’amour avec sa chère Joséphine que faire la guerre (ceci n’est pas de moi, évidemment).

Cette tâche titanesque, n’en doutons pas, ne sera jamais entreprise, car il est plus facile de dénigrer, d’insulter, de mentir, et, surtout, d’accuser en faisant le beau sur les plateaux de télévision de MM Bern ou Drucker – en outre, c’est bon pour l’ego et… les ventes – que d’avouer, non que l’on s’est trompé, puisque ce document ne pouvait leur être inconnu, mais qu’on l’a sciemment dissimulé.

En France, à une époque troublée, ce genre de « complaisance » envers l’ennemi – c’est bien ce qu’était l’Angleterre de ce temps – portait un nom. Je ne me rappelle malheureusement pas lequel…

Peut-être certains sont-ils alors tout bêtement en train de chercher frénétiquement une astuce qui permettrait de démontrer que cette lettre est un faux. Une sorte de manœuvre grossière comme celle qui a présidé à la démolition du « Mémorial de Sainte-Hélène ».

ENTERREMENT DE 1ere CLASSE

Alors, pour que le grand public ne manifeste aucune velléité d’en savoir davantage, le mieux est donc d’enterrer soigneusement ce document et de n’en pas parler !

De ce côté, nous ne devons pas nous faire de souci.

La machine à calomnies est bien huilée, qui a fait ses preuves dans un passé récent, et continue – et continuera – activement son œuvre de destruction.

Comme il n’aura jamais connaissance de l’aveu (involontaire) de George III, le grand public pourra donc continuer de voir en l’empereur des Français ce dictateur impitoyable, selon les mots imbéciles de ce journaliste du « Telegraph » évoqué par ailleurs sur le site du « Carré », ou ce butor qui a « fait régner une terreur sanguinaire », selon, également, les autres mots du même calibre, du comédien Jacques Weber.

L’essentiel n’est-il pas de poursuivre l’œuvre d’avilissement de l’homme Napoléon ?

Le 28 octobre de l’année dernière, je posais ici même cette question :
« La Fondation Napoléon “planque”-t-elle les crimes de l’Angleterre ? »
Je pense que la réponse s’impose d’elle-même : OUI.


1 – Il figure en toutes lettres dans mon manuscrit consacré aux mensonges répandus sur Napoléon, qui, je l’ai également écrit par ailleurs, a été bloqué alors qu’il était en cours de fabrication aux éditions Plon. Sa date de sortie était même programmée et figurait dans ce que l’on appelle « l’office » qui annonce toutes les parutions à venir. La liberté dite d’expression, ce n’est pas rien en France !

2 – J’ai fait l’expérience avec des gens qui ont pourtant une assez bonne connaissance de l’histoire du Premier Empire : la plupart n’en avaient jamais entendu parler ; c’est tout juste s’ils m’ont cru ! En revanche, entre autres, sur l’esclavage, les « millions » de morts et autres turpitudes supposées, ils étaient intarissables.

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