EXPO À MONTRÉAL JUSQU’AU 6 MAI 2018

Montréal

Communiqué de presse du Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) sur l’exposition « Art et vie de cour au palais impérial », qui fait revivre l’ambiance somptueuse de la cour de Napoléon à travers le regard des Grands officiers et des artistes de la « Maison de l’Empereur ». Plus de 400 œuvres et objets d’art provenant des palais français, dont la grande majorité n’a jamais été présentée en Amérique du Nord, révèlent le rôle fondamental de la Maison de l’Empereur durant le règne de Napoléon, depuis son couronnement en 1804 jusqu’à son exil en 1815.

400 ŒUVRES, 50 PRÊTEURS

L’exposition rassemble des œuvres provenant de quelque 50 prêteurs prestigieux, dont le Musée du Louvre, le château de Fontainebleau, le Mobilier national, le musée national des châteaux de Malmaison et Bois-Préau, le Metropolitan Museum of Art, le J. Paul Getty Museum, le Museum of Fine Arts de Houston, et l’Art Institute of Chicago.

Le public est invité à visiter les six départements qui composent la « Maison de l’Empereur ». Comptant près de 3500 employés, celle-ci s’attache au service de la vie quotidienne et cérémonielle de Napoléon et de sa famille. Par l’évocation des principaux personnages de la cour se déploient toute la richesse et le prestige de la vie au palais. Pour se rallier l’ancienne noblesse et inscrire sa nouvelle dynastie dans la continuité de l’Ancien Régime, Napoléon imagine une étiquette encadrée par une réglementation tatillonne. Une scénographie innovante recrée le faste des appartements, en intégrant notamment des projections illusionnistes. Le public aura l’occasion de découvrir tableaux, sculptures, meubles, pièces d’orfèvrerie et de porcelaine, tapisseries, soieries et autres habits de cour illustrant l’opulence caractéristique du style Empire, au service du spectacle du pouvoir.

Nathalie Bondil, directrice générale et conservatrice en chef du MBAM, explique : « Dix ans après la donation de la collection Napoléon par Ben Weider, que de chemin parcouru ! Grâce à Sylvain Cordier, conservateur au Musée et spécialiste du Premier Empire, ainsi qu’au soutien fidèle des amis et de la famille de Weider, nous avons pu enrichir considérablement notre collection comme notre connaissance du fonds : celui-ci s’impose comme le plus important en Amérique du Nord. Surtout, ce projet, que nous avons initié, a nécessité une recherche approfondie de la part du commissaire et bénéficie de prêts remarquables de nos partenaires. Son sujet inédit lui vaudra de voyager aux États-Unis comme en France. Hommage à Ben Weider, cette exposition est l’occasion de réfléchir sur la mise en scène du pouvoir monarchique et la subsistance de certains codes jusqu’à aujourd’hui. »

Sylvain Cordier, conservateur des arts décoratifs anciens au MBAM et commissaire de l’exposition, poursuit : « La cour napoléonienne est un creuset fascinant où s’exprime, par une propagande savamment orchestrée, l’affirmation d’une nouvelle dynastie. Avec ses codes de représentation et de mise en scène – certains hérités de la Révolution à peine terminée, d’autres remettant en valeur le souvenir des anciens rois de France et les réflexes aristocratiques de jadis –, elle propose une passionnante conjugaison de l’esprit des Lumières et des valeurs de l’Ancien Régime. Au-delà du plaisir de retrouver les splendeurs de la vie de palais entre 1804 et 1815, l’exposition constitue un thème fascinant pour notre époque et son rapport à l’image des gouvernants actuels. L’influence des équipes de conseillers et de communicants politiques, les mises en scène médiatiques peuvent nous sembler très ancrées dans une culture contemporaine du pouvoir des images. Pourtant, le fonctionnement de la Maison de l’Empereur nous montre combien ces questions étaient déjà d’actualité il y a deux cents ans ! » (Remarquez le terme employé par Sylvain Cordier : « propagande savamment orchestrée », se référer aux épisodes la langue des Tories).

AU ♥ DE LA MAISON DE L’EMPEREUR

L’exposition s’articule autour du rôle des principales personnalités au service de la famille impériale, qui contribuent à façonner l’image du pouvoir. Grands officiers, chambellans, écuyers, maîtres des cérémonies, dames du palais, pages, artistes et artisans sont impliqués dans l’écriture de la légende impériale. Leurs origines, leurs fonctions et leurs responsabilités au quotidien façonnent la vie de l’Empereur. L’exposition suit le parcours des courtisans qui prennent place dans une reconstitution des lieux de vie au sein du palais − des espaces publics et solennels ouverts aux visiteurs jusqu’aux appartements privés strictement protégés du reste du monde, où Napoléon s’enfermait pour gouverner. Nouveau souverain, Napoléon Bonaparte s’empare du pouvoir à l’issue de la Révolution française. Transformant la République en monarchie, Napoléon est envisagé par les peintres de cour comme un souverain et un héros moderne. Avec sa succession de portraits et de scènes historiques, l’introduction montre combien des artistes tels que François Gérard, Antoine-Jean Gros ou Andrea Appiani se voient imposer des contraintes précises par l’administration impériale pour mettre en place une propagande visuelle à la gloire du chef de l’État. L’exposition fait découvrir le quotidien des six départements qui composent la « Maison de l’Empereur ». (Remarquez encore le terme employé : « les artistes se voient imposer des contraintes », « mettre en place une propagande à la gloire du chef de l’État », se référer aux épisodes la langue des Tories).

Dédiée au Grand aumônier, qui préside aux services religieux, une section illustre le rôle des rites à la cour, avec les somptueuses cérémonies du sacre en 1804 et du mariage de Napoléon et de l’archiduchesse Marie Louise en 1810. Soulignons le prêt exceptionnel de la majestueuse garniture d’autel réalisée pour l’occasion par l’orfèvre Henri Auguste, présentée ici pour la première fois hors de France. Le Grand maréchal du Palais figure au poste le plus influent de la Maison puisqu’il est chargé de l’administration de quelque 47 palais impériaux. Les décisions relatives à la sécurité, à l’ameublement, à l’approvisionnement en nourriture et à l’organisation des repas et banquets lui incombent. On y expose une table parée des objets et ustensiles produits par des fournisseurs officiels de la cour impériale, dont les orfèvres Henri Auguste, Martin-Guillaume Biennais et Jean-Baptiste-Claude Odiot à l’occasion des « Grands couverts », soient les grands banquets officiels.

Prêt exceptionnel consenti par le Mobilier national de France, une ravissante sélection de soieries murales et de cartons de tapisseries des Gobelins destinés à des tentures d’appartements montre l’excellence des artisans textiles dans la décoration. Le Grand maître de cérémonie est responsable du cérémonial, de l’organisation des audiences et du protocole des grandes cérémonies. Chargé d’assurer le respect de l’étiquette en toute circonstance, il doit composer le spectacle du pouvoir dans les vastes salles de réception, dont la salle du trône, ici majestueusement reconstituée grâce à de nombreux prêts consentis par le Mobilier national de France. Y figurent le trône de l’Empereur provenant du palais de Monte Cavallo, à Rome – seconde capitale de l’Empire entre 1809 et 1814 –, les sièges et les tabourets protocolaires, de somptueuses tapisseries provenant des salles du trône des palais des Tuileries et de Saint-Cloud, ainsi que quatre cartons de tapisserie illustrant les parties du monde, signées François Dubois, d’après les dessins de Jacques-Louis de la Hamayde de Saint-Ange. La tapisserie représentant l’Europe ornait — jusqu’à tout récemment — le Palais de l’Élysée, résidence du président de la République française.

L’exposition évoque de plus la chambre de l’Empereur et la Maison de l’impératrice, dont l’organisation revient aux services du Grand chambellan, qui fait respecter la vie privée de l’Empereur. On y présente le tableau monumental réalisé par Jean-Auguste-Dominique Ingres, Le songe d’Ossian (1813) − célèbre chef d’œuvre commandé pour orner le plafond de la chambre impériale du palais de Monte Cavallo. Considérée comme l’égale du Grand chambellan, la dame d’honneur de l’impératrice dispose des mêmes responsabilités, mais auprès de l’épouse de l’Empereur. Ce poste est occupé notamment par la duchesse de Montebello, dont l’admirable portrait avec ses enfants, par François Gérard, est présenté grâce à un prêt du Museum of Fine Art de Houston. Le portrait de la famille du général Armand-Samuel de Marescot par Fortuné Dufau révèle par ailleurs la présence à la cour de personnalités – une dame du palais et un page de l’Empereur – d’origine montréalaise. De nombreux et somptueux cadeaux impériaux sont en outre exposés. Une section est consacrée au Grand écuyer chargé de l’administration des transports, des chevaux, des voitures et des carrosses pour les déplacements et les voyages. Un extraordinaire portrait du lieutenant Legrand, par Antoine-Jean Gros, prêt du Los Angeles County Museum of Art, illustre l’un des pages élevés à la cour, juste avant qu’il n’intègre les rangs de la Grande armée où il décédera prématurément.

Piètre chasseur, Napoléon avait conscience de l’importance du spectacle des chasses à courre. Le Grand veneur organisait ce passe-temps de monarque. On retrouve dans cette section des objets personnels de la vénerie impériale – armes, mobilier, vêtements – dont le monumental tableau Napoléon I er chassant à courre en forêt de Fontainebleau (début XIX e siècle) de Carle Vernet. (Il est très intéressant de savoir d’où vient cette assertion « Napoléon est un piètre chasseur »). 

L’exposition s’achève sur les deux exils de Napoléon − sur l’île d’Elbe, puis à Sainte-Hélène − après sa chute en 1814. Une sélection de rares gravures d’époque des collections de l’Université McGill (Montréal) évoque ces deux épisodes qui concluent son règne. Le prêt inédit d’une volière de Napoléon à Sainte-Hélène illustre métaphoriquement le mode de vie de l’empereur déchu, prisonnier dans son ultime exil, et légende romantique en devenir. (Remarquez les termes employés : « exils » et « empereur déchu »…).

Une vingtaine d’œuvres et objets de l’exposition proviennent de la collection du MBAM. Certains appartiennent à l’importante collection d’objets légués par le collectionneur et historien amateur Ben Weider (Qui s’autorise à juger ainsi ce monsieur « d’historien amateur » ?) : récemment restauré, le Portrait en buste de Napoléon en grand habillement (vers 1805-1814), huile sur toile de l’atelier de François Gérard ; un chapeau bicorne de Napoléon porté durant la campagne de Russie, vers 1812 ; des gants de cavalier ainsi qu’une chemise portée par l’empereur àSainte-Hélène. Le visiteur découvrira une exceptionnelle paire de vases fuseaux en porcelaine de Sèvres à décor Feu et Eau (1806), acquise en 2017. Également de Sèvres, un service à thé offert au cardinal Fesch, Grand aumonier de la Maison de l’Empereur, compte parmi les objets d’exception présentés. Enfin, cette collection intègre une découverte : une esquisse peinte sur toile par Horace Vernet, Napoléon, à la veille de la bataille de la Moscova, présente à son état-major le portrait du roi de Rome qui vient d’être peint par Gérard (1813).


Crédits : L’exposition est organisée et mise en tournée par le Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) avec la participation du Château de Fontainebleau et le soutien exceptionnel du Mobilier national de France.

Commissariat et scénographie : Le commissariat de l’exposition est assuré par Sylvain Cordier, conservateur des arts décoratifs anciens au MBAM, sous la direction de Nathalie Bondil, directrice générale et conservatrice en chef au MBAM. La scénographie a été conçue avec la collaboration d’Architem et Graphics eMotion, sous la direction de Sandra Gagné, chef de la Production des expositions au MBAM.

Itinérances : L’exposition sera présentée au Virginia Museum Fine Arts de Richmond (du 9 juin au 3 septembre 2018), au Nelson-Atkins Museum Art de Kansas City (du 26 octobre 2018 au 3 mars 2019) et au château de Fontainebleau, en France (du 13 avril au 15 juillet 2019).

Publication : L’exposition est accompagnée d’un catalogue de 352 pages, publié en français et en anglais par les éditions scientifiques du MBAM et Hazan, Paris. Réalisé sous la direction de Sylvain Cordier, le catalogue réunit des essais d’éminents spécialistes, conservateurs et historiens de l’art tels que Jean-Pierre Samoyault, Charles-Éloi Vial, Christophe Beyeler, Anne Dion-Tenenbaum, Audrey Gay-Mazuel et Cyril Lécosse. Son design graphique est signé Paprika (Montréal).

Remerciements : La présentation de l’exposition a été rendue possible grâce au généreux soutien de la Banque Nationale, en collaboration avec Metro, Tourisme Montréal, Graphics eMotion et Mosaïque Surface. Le Musée reconnaît l’apport essentiel d’Air Canada, du Cercle des Anges du MBAM et de ses partenaires médias : Bell, La Presse + et Montreal Gazette. L’espace éducatif de cette exposition a été réalisé en collaboration avec l’artiste Laurent Craste et bénéficie de l’appui précieux de France et Raymond Royer à la mémoire de Pierre Denis. Le Musée remercie le ministère de la Culture et des Communications du Québec et le Conseil des arts de Montréal pour leur soutien constant. Le programme d’expositions internationales du Musée bénéficie de l’appui financier du fonds d’expositions de la Fondation du Musée des beaux-arts de Montréal et du fonds Paul G. Desmarais. Le Musée remercie également ses guides bénévoles pour leur appui inconditionnel, et reconnaît la générosité de tous ses membres et des nombreuses personnes, entreprises et fondations qui lui accordent leur soutien, notamment la Fondation de la Chenelière, dirigée par Michel de la Chenelière, et la Fondation Arte Musica, présidée par Pierre Bourgie. Que toutes les personnes qui ont permis, par leur généreux concours, leur encouragement et leur soutien, la réalisation de cette exposition et de sa publication scientifique trouvent ici l’expression de notre gratitude.

Loïck Bouvier
★ Loïck Bouvier
Fondateur du Carré Impérial - Voyage sans / avec mouvement - Travelling without / with moving......