LA MAISON DE L’EMPEREUR, SERVIR ET MAGNIFIER NAPOLÉON 1er

Communiqué de presse :

Du 13 avril au 15 juillet 2019, le château de Fontainebleau présente, en partenariat avec le Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) et avec le soutien exceptionnel du Mobilier national, l’exposition « La Maison de l’Empereur, servir et magnifier Napoléon 1er».

Le 18 mai 1804, Napoléon Bonaparte, Premier Consul, est proclamé « Empereur des Français ». Tout au long de son règne, ce nouveau souverain né de la Révolution est splendidement entouré par une « Maison » digne de son titre impérial. Officiers dévoués et fidèles serviteurs organisent au quotidien la vie publique et privée de Napoléon Ier et contribuent au rayonnement du régime.

Véritable instrument politique, cette « Maison de l’Empereur » est chargée d’encadrer la vie de cour, d’administrer le domaine de la Couronne et d’assurer la mise en scène du pouvoir. Des portraits, des habits de cérémonie et de somptueux objets d’art invitent à redécouvrir l’aventure napoléonienne sous un angle nouveau. L’exposition, qui se tiendra dans la salle de la Belle Cheminée, convie tout d’abord le public à revivre les fastes des palais impériaux, résidences de la cour. La seconde partie présente les Grands officiers civils de la Couronne : le Grand maréchal du Palais, le Grand aumônier, le Grand maître des cérémonies, le Grand chambellan, le Grand écuyer et le Grand veneur, et la composition de leurs services auprès de la famille impériale. Elle évoque également les principales figures entourant la Famille impériale. La troisième partie évoque le rôle de la Maison dans la politique des présents de l’Empereur, à travers une sélection de chefs-d’œuvre de la manufacture impériale de Sèvres, cadeaux diplomatiques et étrennes offertes par l’Empereur à ses fidèles.

LA SCÉNOGRAPHIE

Afin que chaque exposition soit une découverte nouvelle pour le visiteur, le château propose des scénographies toujours renouvelées. Une centaine d’œuvres seront présentées dans la salle de la Belle Cheminée, nouvellement restaurée et ouverte pour l’occasion, certaines d’entre elles entrant pour la première fois dans ces murs chargés d’Histoire.

La scénographie a été conçue avec la collaboration d’Architem, sous la direction de Sandra Gagné, chef de la production des expositions au Musée des beaux-arts de Montréal.

Adaptation scénographique : scénografià – Nicolas Groult et Valentina Dodi.

VERSION RECONFIGURÉE DE L’EXPOSITION

L’exposition « La Maison de l’Empereur » a été organisée et mise en tournée par le Musée des beaux-arts de Montréal du 3 février au 10 mai 2018. Après avoir été accueillie au Virginia Museum of Fine Arts de Richmond du 9 juin au 3 septembre 2018, puis au Nelson-Atkins Museum of Art de Kansas City du 19 octobre 2018 au 3 mars 2019, elle rejoint Fontainebleau du 13 avril au 15 juillet.

À Fontainebleau, elle se déploie en trois lieux. La salle de la Belle Cheminée, restaurée pour l’occasion, concentre des trésors conservés au Mobilier national ou provenant de riches collections publiques et privées d’Europe et d’Amérique du Nord. Reflétant le rôle de Fontainebleau sous le règne de Napoléon Ier, cette réunion exceptionnelle de près de 100 œuvres accompagne le public dans son expérience des Grands Appartements, témoins privilégiés de la vie de cour sous le Premier Empire, en permettant une lecture contextualisée des lieux sous l’angle de la vie de cour. Elle fait écho, en outre, au propos du musée Napoléon 1er.

Acquisitions récentes

Fontainebleau : Cette quatrième étape offre une version reconfigurée de l’exposition. Si elle ne comporte pas l’ensemble des œuvres exposées lors de la tournée nord-américaine de l’exposition, elle en présente en revanche 25 nouvelles, dont 15 acquisitions récentes réalisées par le château de Fontainebleau.

L’exposition dévoile ainsi des pièces nouvellement acquises, certaines présentées pour la première fois au public, dont le vase orné de deux scènes de Napoléon thaumaturge, issu de la manufacture impériale de Sèvres et décoré par Pierre-Nolasque Bergeret, une coupe hémisphérique offerte à la comtesse de Montalivet en 1812 ou encore le buste en marbre de Jean-Baptiste Nompère de Champagny, duc de Cadore, intendant général des domaines de la Couronne. Ces œuvres, exclusivement exposées à Fontainebleau, viennent enrichir cette dernière étape.

Des œuvres méconnues

De prestigieuses collections privées et publiques s’associent par ailleurs à cette exposition, grâce à de nombreux prêts d’œuvres souvent inédits. Le Mobilier national, de son côté, est un partenaire de choix dont le soutien permet de présenter des collections parfois méconnues du public, à l’image des cartons de tapisserie des Quatre parties du monde peintes par François Dubois, conçus pour des portières de la galerie de Diane aux Tuileries.

Des collections d’outre-Atlantique qui reviennent en France pour la première fois

Des pièces uniques provenant de collections publiques et privées américaines font la traversée de l’Atlantique à l’occasion de cet événement pour être présentées à Fontainebleau pour la première fois : l’extraordinaire guéridon « des palais impériaux », véritable monument de porcelaine de l’Atlantique à l’occasion de cet événement pour être présentées à Fontainebleau pour la première fois : l’extraordinaire guéridon « des palais impériaux », véritable monument de porcelaine de Sèvres, ou encore une colonne montée en pendule de 1.30 mètre de haut, offerte par l’impératrice.

FAIRE REVIVRE LE PALAIS IMPÉRIAL ET LES LIEUX DE LA COUR DE NAPOLÉON 1ER

Grands et Petits Appartements dans « la maison des siècles » : des lieux emblématique du règne À la veille de son sacre en 1804, Napoléon décide de faire du château de Fontainebleau l’une de ses résidences. Il ordonne la rénovation et le remeublement du palais que la Révolution avait vidé, pour y accueillir le pape Pie VII, venu le couronner. L’Empereur poursuivra cet ambitieux programme de restauration jusqu’à la fin de son règne. En s’installant à Fontainebleau, l’ancien lieutenant d’artillerie parvenu au faîte du pouvoir veut s’inscrire dans la lignée des monarques qui le précèdent. Il voit dans cette immense demeure, qu’il qualifie dans ses mémoires de « maison des siècles », un lieu essentiel pour asseoir sa légitimité. Il redessine les jardins, réaménage luxueusement les Grands et les Petits Appartements et y rétablit l’étiquette qui fixe les usages de la cour. Témoin privilégié de la vie de cour sous le Premier Empire, Fontainebleau garde également le souvenir de la première abdication de l’Empereur, et de ses fameux Adieux à la Garde, en avril 1814.

Le château de Fontainebleau est emblématique des aménagements palatiaux voulus par Napoléon 1er. En parcourant l’appartement Intérieur, on découvre une succession de pièces d’apparat – antichambres, salons, chambres, cabinet de travail- présentés dans leur état du Premier Empire, ainsi que la salle du Trône, la seule conservée dans son état d’origine. Les Petits Appartements du rez-de-chaussée plongent, quant à eux, le public dans l’intimité de la famille impériale et mettent en lumière le quotidien de Napoléon 1er.

Le musée Napoléon Ier, qui a rouvert ses portes en février 2018 dans une présentation enrichie et reconfigurée, retrace la fulgurante carrière de l’Empereur et de sa famille. Il abrite de nombreuses œuvres combinant charge historique et fonction décorative : portraits peints et sculptés, armes, objets d’art et créations graphiques. Le musée présente l’aventure napoléonienne sous toutes ses facettes, du sacre du « nouveau César » à sa chute orchestrée de main de maître. Des pièces uniques sont exposées, parmi lesquelles l’épée de sacre de Napoléon 1er, autrefois ornée du diamant Le Régent. De somptueux services de porcelaine, issus de la Manufacture impériale de Sèvres, exposent le faste de la table impériale. Enfin, la famille de l’Empereur est également mise à l’honneur. Les visiteurs découvrent les impératrices Joséphine et Marie-Louise, mais aussi le fils de cette dernière union : le roi de Rome. Des collections abordent l’attention particulière portée à l’héritier tant attendu : le grand berceau d’apparat, dessiné par Prud’hon et exécuté par Thomire et Duterme, le buste sculpté dans le marbre par Ruxthiel ou encore le portrait peint par Gérard.

LE PARCOURS DE L’EXPOSITION

La création de la Maison de l’Empereur

Quatre ans et demi après sa prise du pouvoir par un coup d’État, Napoléon Bonaparte reçoit une couronne : le général naguère jacobin se mue en un monarque souverain, le « citoyen Premier consul de la République française » devient « Sa Majesté Napoléon Ier, empereur des Français ». En succédant à la République, l’Empire transforme les citoyens en sujets et les fidèles gravitant autour du Premier Consul en courtisans. Une cour impériale s’invente, se dessine et s’étoffe, en un mouvement ambigu où la reprise d’usages et de codes de l’Ancien Régime se conjugue à l’idéal d’égalité et au mérite proclamés par la Révolution. La Maison de l’Empereur, administration chargée d’organiser la vie de la cour impériale, se déploie pour prendre en charge tous les besoins du souverain. Le rôle de cette Maison est large : protéger, loger, vêtir, nourrir, servir et magnifier l’Empereur.

Parallèle à la Maison de l’Empereur mais de moindre ampleur, la Maison de l’Impératrice entoure les deux épouses successives de Napoléon. Contrairement à la « Maison du Roi » de l’Ancien Régime, fondée sur le privilège et critiquée comme onéreuse, la Maison de l’Empereur est organisée avec rigueur et économie. L’institution comprend plusieurs départements, pourvoyant à la vie publique et privée du souverain et dirigés par un Grand officier. Tandis que le Grand maréchal du Palais se charge de l’entretien des demeures comprend plusieurs départements, pourvoyant à la vie publique et privée du souverain et dirigés par un Grand officier. Tandis que le Grand maréchal du Palais se charge de l’entretien des demeures impériales, de la sécurité de l’Empereur et de la Bouche, le Grand chambellan assure le service de la Chambre et contrôle l’accès au souverain et les présentations. Le Grand écuyer a pour mission de régler les déplacements civils et militaires du souverain, le Grand aumônier s’occupe des offices religieux, le Grand veneur assume l’organisation des chasses, et le Grand maître des cérémonies établit le protocole des cérémonies publiques et en assure la coordination. Ils doivent collaborer pour participer, chacun selon ses prérogatives, au bon déroulement de la vie quotidienne de Napoléon Ier. La décoration et l’ameublement des palais, le fonctionnement de l’imposante machinerie qu’est la cour impériale, l’éclat et le rayonnement de la cour la plus fastueuse d’Europe relèvent de leur bonne entente et du sérieux de leur implication – sous l’œil exigeant d’un maître impérieux.

Chacun d’entre eux est à la tête d’une hiérarchie d’officiers et de serviteurs. Ces employés, plus de 3 500 pour toute la Maison, sont des fonctionnaires plus que des courtisans.

Les fastes de la vie de cour

Cette exposition fait revivre l’ambiance somptueuse de la cour de Napoléon Ier depuis son couronnement, en 1804, jusqu’à son exil en 1815. Elle présente les protocoles qui ont contribué à asseoir l’autorité impériale et, finalement, à forger le mythe napoléonien. Habits, portraits, porcelaines et archives donnent vie et corps aux grandes figures qui entourèrent l’Empereur dans son quotidien public et privé.

Les cérémonies à la cour impériale.

La Révolution française avait rejeté le principe même de l’esprit de cour, mais l’honneur de la nouvelle monarchie impériale suppose de réinventer des comportements codifiés et adaptés au prestige de la Couronne. Audiences, prestations de serments, visites officielles, mais aussi mariages, baptêmes et deuils dans la Famille impériale sont savamment définis par le service du Grand maître des cérémonies pour être, le jour venu, orchestrés par le Grand maréchal du Palais, le Grand chambellan et le Grand écuyer.

Protocole des comportements, luxe des costumes et création de décors contribuent à la grandeur du régime. Davantage que le « sacre et couronnement » du 2 décembre 1804, c’est le mariage de Napoléon avec l’archiduchesse Marie-Louise, le 2 avril 1810, qui apparaît comme l’évènement le plus fastueux du règne et un ballet bien réglé est organisé, dont le dessinateur Baltard livre un reportage méticuleux.

Les costumes de cour et uniformes civils de la Maison

Dans l’enceinte du Palais, l’habit de cour exprime la hiérarchie des personnes. Si chacun est tenu de porter de la soie dont l’industrie assure la prospérité de la ville de Lyon, la couleur des habits et la richesse de leurs broderies reflètent titres et fonctions. Isabey, « dessinateur des Cérémonies », en conçoit le dessin en 1804. Le plus somptueux costume est naturellement le « grand habillement » conçu pour le « sacre et couronnement de Sa Majesté », dont Gérard revêt le portrait officiel de l’Empereur.

Le « petit habillement » de l’Empereur donne le ton au reste des tenues masculines. L’habit des Grands officiers de la Maison est brodé d’argent au motif de palmier. Une couleur distingue chaque département : le Grand maréchal du Palais porte l’amarante, le Grand chambellan l’écarlate, le Grand maître des cérémonies le violet et le Grand écuyer le bleu clair.


Commissariat principal : Sylvain Cordier, conservateur des arts décoratifs anciens au Musée des beaux-arts de Montréal, sous la direction de Nathalie Bondil, directrice générale et conservatrice en chef du Musée des beaux-arts de Montréal. Commissariat de la présentation à Fontainebleau : Christophe Beyeler, conservateur en chef du patrimoine au château de Fontainebleau, chargé du musée Napoléon 1er.


L’exposition est accompagnée d’un catalogue édité sous la direction de Sylvain Cordier, commissaire de l’exposition, avec la contribution de conservateurs et historiens de l’art de nombreuses institutions françaises. Éditions scientifiques du Musée des beaux-arts de Montréal et Éditions Hazan, 352 pages, tarif : 45 €. Disponible en français et en anglais

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