LE DÉSHONNEUR DES ÉLITES

Le 14 juin 2015, le journal de 13 heures de TF1 a proposé aux téléspectateurs un « Zoom sur l’île de Sainte-Hélène, imprégnée du souvenir de Napoléon », avec visite de Longwood, pimpante comme un cottage du Kent, alors que le bâtiment, à l’époque, était un galetas humide dans lequel gambadaient des myriades de rats.

L’HYMNE ANGLAIS PAR LES MARINS FRANÇAIS

Sur ce document, on voit et entend des marins français, alignés devant la tombe, devenue symbolique de l’Empereur, entonner le… « God Save the Queen ». Eh oui ! L’hymne national anglais – très beau d’ailleurs.

Même si, ensuite, retentit la Marseillaise, entendre chanter par nos marins l’hymne du pays qui a envoyé Napoléon mourir – je serais bien tenté d’employer un vocable plus cru – sordidement sur ce caillou maudit, a quelque chose de profondément indécent. De provoquant.

Ces marins font partie de l’équipage d’un bâtiment de projection et de commandement, le Mistral, qui avait fait escale à Sainte-Hélène en 2014. Curieux tout de même de repasser cette séquence un an après, pile au moment de la commémoration de la bataille de Waterloo ! Le hasard, évidemment.

Il importe de souligner que, dans cette affaire, la Marine nationale n’a été que l’instrument d’une décision politicienne. Il est vrai qu’aujourd’hui, nous nous aimons. Qu’importe alors que les médias anglais : radios (comme la prestigieuse BBC), télévision (comme « Channel 4 »), presse écrite (« Telegraph », « Times », « Daily Mirror »…), poursuivent leurs attaques grossières et d’une incroyable obscénité contre Napoléon.

Je ne souffle pas sur les braises, je n’attaque pas ; je réponds, comme j’en ai le droit, et, surtout, le devoir vis-à-vis de Napoléon.

ET POURQUOI PAS HASTINGS ?

Je désire, moi aussi, faire un geste au profit de l’Histoire de nos deux pays : en contrepartie de celle de Waterloo, je propose donc une commémoration grandiose de la victoire d’Hastings, le 14 octobre 1066, qui permit à Guillaume, duc de Normandie (en outre, un « pays à moi »), de marcher jusqu’à Londres, et d’être sacré roi d’Angleterre, le jour de Noël, à Westminster. Commémoration à laquelle, bien sûr, nous ne manquerions pas de convier courtoisement la famille royale d’Angleterre au grand complet.

AUCUN DIRIGEANT FRANÇAIS À WATERLOO

En ce 18 juin 2015, il n’y avait, il va sans dire, aucun grand représentant officiel français en Belgique.

Je me suis interrogé : était-ce une bonne chose que, pour une fois, nous fussions absents de la commémoration de la défaite qui mena à la chute de Napoléon, et fit régresser la France vers ce régime « de droit divin » qu’elle avait jeté aux orties vingt-six ans auparavant ?

Alors que nous nous étions honteusement défilés pour la victoire sans pareille d’Austerlitz – rappelez-vous les Villepin, et autres Chirac s’enfuyant à toutes jambes pour se dérober, piteux effet de la publication du livre (!) minable de Claude Ribbe, « Le Crime de Napoléon » ; alors que nous étions accourus, tels les Bourgeois de Calais, la corde au cou, humiliant notre porte-avions Charles de Gaulle devant la reine d’Angleterre lors du bicentenaire de la défaite navale de Trafalgar, toujours un peu naïf, j’ai songé un instant que, pour une fois, les dirigeants de la France avaient, semblait-il, choisi une option honorable en refusant de se prêter à ce jeu sinistre et masochiste consistant à saluer les coups qui ont abattu Napoléon.

L’INFRÉQUENTABLE NAPOLÉON

Ce n’est pas parce que le 18 juin 1815 a vu la défaite finale et la chute de Napoléon et de son armée ; ce n’est pas parce que le 18 juin 2015 est une journée douloureuse pour notre pays que nos politiciens se sont éclipsés au Mont-Valérien pour commémorer l’Appel du général de Gaulle. C’est uniquement parce que, pour eux, Napoléon n’est pas fréquentable.

Ils ne valent donc pas mieux que leurs prédécesseurs et que ceux qui s’en prennent bassement à lui. Et cet ostracisme dure depuis deux cents ans !

CONSOLATION

Une consolation cependant : contrairement à l’homme qu’ils s’obstinent à rabaisser, je pense qu’ils ne laisseront, dans l’Histoire de la France, que des poussières. Et les poussières, ça se balaie.

Je ne suis pas amateur des grandes envolées lyriques, mais, au moment –18 juin 2015 – où j’écris ces lignes, je ne puis faire autrement que de m’exclamer :

Vive l’Empereur !

Et plus que jamais.


[1] Évoquant le décès de l’Empereur, l’auteur du reportage n’a pas manqué de nous faire part en toute honnêteté de son intime conviction et de sa grande connaissance du sujet :

« Les spéculations autour de l’empoisonnement aujourd’hui ont cessé [je crois savoir d’où il tient ses certitudes !]L’Empereur est mort d’un cancer de l’estomac le 5 mai 1821. »

Mission accomplie.

Eh oui, un voyage à Sainte-Hélène se mérite, et il ne faut surtout pas oublier de délivrer le message qui fait plaisir au directeur de la Fondation Napoléon !

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1 Réaction

  1. saforcada 24 juin 2015 at

    Bravo. France Bonapartiste a été à l’Aigle blessé déposer une gerbe en l’honneur de l’Empereur et tous les soldats de la Grande Armée. Nous n’étions pas là pour commémorer mais pour nous souvenir.

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