NAPOLÉON A GAGNÉ WATERLOO

En juin 2015, c’était le bicentenaire de la bataille de Waterloo… La « petite chanson » des auteurs opportunistes pouvait prendre la suite. Il y a ce genre de refrain : « À Sainte-Hélène, Napoléon analyse Waterloo à sa façon ; il ne connait pas l’autocritique, il rejette ses fautes sur les autres ».

Ainsi donc, Napoléon serait imbu de sa personne, escroquerait les lecteurs, et calomnierait ses ex-subalternes. Peu importe les faits et ses arguments, Napoléon a tort et le maréchal Grouchy, réhabilité, devient le « malheureux » Grouchy…

On peut entendre également : « Gagner la bataille de Waterloo n’aurait servi à rien, l’aventure des Cent-Jours était vouée à l’échec… Napoléon serait le fossoyeur de la Révolution, un dictateur qui avait muselé le droit de presse, et qui maniait son pays d’une main de fer ».

Les auteurs opportunistes nous expliquent que Napoléon a réussi à manipuler l’Histoire. Et, eux, n’étant pas dupes, nous donnent des leçons de vérité.

ÇA BRILLE COMME LE SOLEIL

Dommage pour eux, les sources historiques existent, et chacun a la possibilité d’avoir sa propre opinion. Napoléon disait à Sainte-Hélène :

Mes détracteurs auront beau retrancher, supprimer, mutiler. Il leur sera bien difficile de me faire disparaître tout à fait. Un historien honnête devra me rendre quelque chose, et sa tâche sera aisée, car les faits parlent, ils brillent comme le soleil

Et en effet, les faits brillent comme le soleil, il suffit d’aller dans la « boutique souvenirs » des musées de Waterloo pour s’en rendre compte.

Il suffit de demander aux visiteurs : « qui a gagné la bataille de Waterloo ? »
La réponse est claire : « c’est Napoléon ! »

Napoléon a changé la société. Quoi que nous fassions, il est partout dans notre vie de tous les jours, dans les institutions, les lois, les grands édifices… Le drapeau tricolore de la France… On roule à droite… Il est partout…

Qui voudrait changer le fonctionnement de la Comédie Française ?

Qui voudrait réformer le cérémonial militaire ?

Et pourquoi changer ce qui fonctionne bien ?

Nous pourrions dire comme certains historiens que Louis XVIII était intelligent… Mais nous savons tous que ce roi n’a pas changé notre société.

Aujourd’hui, nous vivons dans un système libéral où les monarchies absolutistes ont disparu. La Prusse n’existe plus. Dans l’acte additionnel aux constitutions de l’Empire, il est écrit :

Nous avions alors pour but d’organiser un grand système fédératif européen, que nous avions, adopté comme conforme à l’esprit du siècle, et favorable aux progrès de la civilisation

Chacun peut constater que ce qui relie 1815 et 2015 ne passe pas par Uderzo, ABBA, ou d’autres éléments de la culture populaire, mais par Hugo avec « les États-unis d’Europe », par la constitution d’une Europe unie, par une Europe des peuples.

Qui en 1815 aurait pu prédire que la Pologne et la Lituanie appartiendraient à une union européenne construite sur les bases libérales voulues par Napoléon ?

Oui, Napoléon a gagné Waterloo parce qu’aujourd’hui, ses idées sont à Bruxelles !

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5 Réactions

  1. Jacques JANSSENS 29 juin 2015 at

    Petit correctif important à mes yeux….

    Oui, Napoléon a gagné Waterloo parce qu’aujourd’hui, ses idées sont au siège de la plupart des institutions de l’Union européenne de Bruxelles et de Strasbourg!

    Merci de ne pas tomber dans le piège des journalistes qui systématiquement parlent de Bruxelles comme étant la Commission Européenne or que la Belgique n’est que l’héritière d’une fausse promesse et d’une indépendance factuelle…. désignée comme Strasbourg pour porter le poids des financiers qui nous régissent et nous endettent….Bien à Vous, Jacques JANSSENS

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    1. Kaspy 30 juin 2015 at

      Vous avez raison d’apporter cette nuance, le but de l’article est de parler de l’idée d’une Europe fédérale constituée de pays « amis »
      La mise en œuvre de cette idée rencontre des difficultés, on s’en rend compte tous les jours en ce moment.
      Cordialement,
      Kaspy

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  2. Jean-Claude Damamme 30 juin 2015 at

    La lecture de ce texte de Kaspy, aussi féroce que juste, me conduit à reproduire ci-dessous une de mes citations favorites. Je la dois à Léon Bloy, qui, lui, n’était pas l’un de ces « auteurs opportunistes » (il est aisé de les identifier !) crucifiés par l’auteur.
    Cette citation, qui s’inscrit dans le même esprit que celui de l’article, résume tout :
    « On peut être bien certain que même la perte de l’Empire fut moins amère à Napoléon que cette supplantation [de Wellington] ridicule et ignominieuse. Ce qui prévalait contre lui, le grandiose et magnanime empereur latin, c’était, en la personne du médiocre Wellington, toutes les boutiques et tous les coffres-forts de Londres. C’était la hideuse hypocrisie du protestantisme parcimonieux et arrogant des escompteurs de carnage et d’infamie. C’était, enfin et surtout, l’étonnante subsannation du Dieu des armées se repentant, comme au Déluge, d’avoir fait un homme si grand, et par l’effet d’une miséricorde terrible, l’humiliant, à la fin, sous les pieds d’un avorton de la gloire ! »

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  3. berlemont 30 juin 2015 at

    Bonsoir.

    Tout à fait d’accord avec cet article, je fus un temps sur une page facebook où les personnes présentes critiquent beaucoup l’Empereur et réécrivent l’histoire de cette bataille, telle que celle-ci est écrite dans le début de l’article et dédouane totalement ce « pauvre Grouchy ».
    Cordialement.

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  4. David 19 juillet 2015 at

    Je vous avoue être totalement abasourdi par le dernier paragraphe de votre article, au point de l’avoir relu plusieurs fois afin de tenter d’en percevoir l’ironie.

    Votre site est admirablement réalisé, et je vous remercie sincèrement pour votre travail de grande qualité, mais cautionnez-vous sérieusement cet odieux parallèle entre l’un des plus grands hommes de l’histoire de l’humanité et les petits technocrates médiocres et serviles de Bruxelles ? Entre le bonapartisme, cette admirable symbiose entre autorité et liberté, et le fanatisme euro-mondialiste ? Entre l’œuvre politique de l’Empereur, ayant mené la France sur le chemin d’une « gloire immortelle » tout en parachevant la construction de son État, et cette prison des peuples à l’acronyme aussi court que les idées de ceux qui la dirigent ?
    Les nouveaux Lannes et Ney se nommeraient donc Jean Claude Junker ou Martin Schulz ?

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