ON NE MEURT QUE 2 FOIS – Ep.3

Il me souvient d’avoir lu un jour qu’à l’instar de Jean Tulard, le directeur de la Fondation Napoléon s’affligeait de ne pouvoir assister à un dîner en ville sans que l’un des convives ne lui posât la question fatidique : « Alors, oui ou non, Napoléon a-t-il été empoisonné ? »

Je vous laisse imaginer l’épreuve subie par ce malheureux, ainsi pourchassé jusque devant son assiette !

Depuis le 17 octobre 2008, date du décès du « Canadien », je ne doute pas que ses dîners se soient faits moins pénibles. Comme quoi, le proverbe français a raison, qui dit que « À quelque chose, malheur est bon. »

N’y a-t-il pas dans ces lamentations matière à l’écriture d’une chansonnette que l’on pourrait intituler « La Complainte des Caïds de la Napoléonie » ?

La SNI avait été déjà discrètement investie par des membres rattachés à la Fondation Napoléon, mais avec cette nouvelle recrue « au sommet », cette institution, dont le site, compta dans les « grands jours » plus de 260 000 visiteurs par mois (1 – chiffres vérifiés à l’époque – se référer en bas de texte) – à des années-lumière de celui de la Fondation – et dont son président-fondateur avait fait une « arme fatale » contre la malfaisante parole unique distillée par les « parrains » de la Fondation, est déjà quasi morte. Elle ne va plus en être qu’un avatar et devenir sans doute à son tour un outil supplémentaire au service de la grande entreprise de désinformation.

Une autre option semble possible : fermer la « maison », ce qui présenterait l’inestimable avantage d’effacer jusqu’au nom et au souvenir de « l’obsédé de poudre de perlimpinpin » – entendez Ben Weider – et de le jeter, lui et sa thèse de l’empoisonnement, aux oubliettes.

Enfin seuls ! Quelle joie !

On pourrait d’ailleurs s’interroger sur les raisons qui ont poussé l’actuel président de la SNI, l’Américain David Markham (2 – se référer en bas de texte), dont l’élection surprise continue « d’interpeller » certains « Anciens », à commettre pareil forfait. Car c’est bien d’un forfait qu’il s’agit.

Quel autre mot pourrait décrire l’intronisation de celui qui fut, avec Jean Tulard, l’un des plus acharnés, des plus malhonnêtes, des plus mesquins détracteurs de cette thèse de l’empoisonnement, dont Ben Weider avait fait, en quelque sorte, l’œuvre de sa vie ?

Œuvre qu’il avait eu la joie de voir couronnée de succès malgré des adversaires dont les vilenies, les coups bas et les chausse-trapes pourraient fournir matière à l’écriture d’un petit ouvrage, qui, je n’en doute pas, se « dévorerait comme un roman policier » pour reprendre l’expression chère à certains journalistes « embedded ».

J’ai ce qu’il faut pour cela ; alors, messieurs, alertez vite vos éditeurs habituels (et d’autres par précaution) pour commencer le « tir de barrage » !

Inutile de vous la rappeler, vous connaissez bien la procédure, qui a d’ailleurs fonctionné à merveille il y a peu. Comme je ne doute pas non plus que ledit livre serait immédiatement bloqué, étouffé et enterré par les « caïds » de la napoléonie, qui auraient préalablement fait sonner le tocsin pour alerter la population, et la mettre en garde contre le choc de la vérité. On s’en remet rarement.

Rassurons-nous ; rassurez-vous, il n’y a aucun risque.

Toutes les cloisons étanches étant hermétiquement fermées, les contradicteurs potentiels et les « empêcheurs de désinformer en rond » étant éliminés et réduits au silence, la napoléonie de MM Tulard, Lentz et autres (n’oublions pas l’étoile montante, l’explorateur d’alcôve, M. Patrice Gueniffey avec son : « Chez Napoléon, la passion amoureuse est associée au plaisir de faire la guerre ; autant il aime Joséphine, autant il aime faire la guerre, ces deux passions se mélangent. ») peut, en toute tranquillité, continuer de distiller ses mensonges et ses « fausses vérités » inspirées par une coterie royaliste soutenue par l’Angleterre. Et donc de discréditer Napoléon en tenant des propos sordides et dégradants amplifiés et propagés par les haut-parleurs médiatiques. Et ce tout en continuant d’abuser un grand public, subjugué par les titres des intervenants, et mis de facto dans l’impossibilité de se faire une opinion par lui-même.

Nous sommes donc bien en face d’une histoire de Napoléon sciemment manipulée et tordue.

En d’autres termes, en ne rétablissant pas la vérité, en participant activement à la propagation de faits mensongers, en ne répondant pas aux attaques lancées contre Napoléon, voire en les lançant eux-mêmes, tous ces gens qui paradent dans les grands médias et se font briller auprès d’un public généralement ignare, du moins de l’histoire du Premier Empire, ces gens sont nuisibles à l’histoire du Premier Empire, et, partant, à l’histoire de la France.

Par quelle sinistre aberration une telle situation peut-elle exister ?

Comment un pays comme la France, qui se targue de prôner – mais cela ne coûte rien, et c’est dans la « mouvance » de l’époque – la liberté d’expression, peut-il tolérer que se perpétuent cette honteuse « loi du silence », ces mensonges institutionnalisés et imposés, et ce bourrage de crâne éhonté ?

Il s’agit là d’un « exemplaire » et scandaleux cas d’école, qui montre un petit groupe de personnages sans scrupules (historiques), regroupés au sein d’une « institution » sans autre pouvoir que celui qu’elle s’octroie, faire main basse sur la plus flamboyante période de l’histoire de la France et sur son plus illustre souverain, et « clouer le bec » de ceux qui refusent d’entrer dans leur jeu (3 – se référer en bas de texte). Ils peuvent ainsi tenir en toute impunité des propos dégradants sur Napoléon, le discréditer « urbi et orbi », le ridiculiser, en se réclamant pompeusement de leur caution « d’historiens », forcément impartiaux (4 – se référer en bas de texte).

En d’autres termes, sans en avoir l’air, auréolés de leur supposée objectivité historique, – qui, au mieux, n’est qu’un leurre – ils s’emploient activement à détruire Napoléon et à avilir son image, parachevant ainsi l’œuvre funeste entreprise par les Conservateurs de Pitt, et continuée par les royalistes revenus sur le trône à la traîne des « Red Coats ».

Dans l’attente d’un « sauveur » de royale extraction, qui nous conduira au « grand soir » du droit divin (5 – se référer en bas de texte) ?

Et ils n’ont même pas l’excuse d’être anglais !


1 – Le 6 octobre 2008, soit onze jours avant son décès, Ben Weider m’envoya les dernières statistiques du site de la SNI. Je copie son message, qui fut le dernier reçu de lui : « Mon cher ami Jean-Claude, je suis fier de vous informer que, selon les statistiques du site Web pour le mois de septembre, le nombre de visiteurs a atteint les 270 883 visiteurs de 144 pays. C’est la meilleure preuve que notre société est appréciée par le public. J’espère que cette information vous fera plaisir. » Je ne commenterai pas pour éviter de faire de la peine à qui que ce soit ! Mais, oui, cette information me fit plaisir. Du temps de Ben Weider, avec ses quelque 270 000 visiteurs mensuels, la SNI était réellement une « arme fatale », capable de lutter efficacement contre la sournoise désinformation officielle de la napoléonie, qui n’avait aucune prise sur elle.

2 – Depuis sa prise de fonction, le drapeau canadien a été remplacé par le drapeau américain. J’y vois comme une insulte à la fois à l’homme Weider et à son pays, le Canada. Pas joli tout ça !

3 – On me demande parfois si je suis conscient du tort que je me suis fait et que je me fais encore en soutenant cette thèse et en n’adhérant pas à la doxa du « milieu ». J’en suis d’autant plus conscient que j’en subis de plein fouet les conséquences, et ce depuis longtemps : manuscrits bloqués, livres non réimprimés, etc. Condamné aux oubliettes pour non-alignement sur la pensée unique des messieurs de la Fondation ! On se croirait revenu à la belle époque des « Cocos ». Ces gens ont beau avoir à leur disposition la puissance que donne l’argent et la capacité de nuisance, j’ai donné ma parole à Ben Weider que, s’il s’en allait, je continuerais à défendre sa thèse de l’empoisonnement de Napoléon, non pas seulement par amitié, mais d’abord parce qu’elle est fondée sur des preuves scientifiques. Les manigances pathétiques du « milieu » napoléonien pour l’étouffer en attestent. Et je suis un homme qui a le respect de la parole donnée.

4 – Je me rappelle ce directeur, aujourd’hui disparu – je respecte donc son anonymat – des éditions Perrin chez qui j’ai publié mon livre, bien enterré depuis, sur la Bataille de Waterloo. J’avais été fort étonné de le voir porter des annotations sur des post-it – je les ai gardés – qu’il collait en marge de certaines pages de mon manuscrit. Celle-ci, par exemple, dans laquelle, citant un vétéran, aide de camp du maréchal Ney, le colonel Octave Levavasseur, j’écrivais (la scène se passe peu avant le retour de Napoléon de l’île d’Elbe) :« Alors qu’il repoussait les services de l’ancienne armée de Napoléon, le gouvernement royal remplaçait, dans les meilleurs commandements, les officiers chevronnés par des colonels improvisés sortis de ce que les vétérans, jeunes ou plus mûrs, surnommaient avec mépris “la manufacture des généraux”. » Cette « manufacture des généraux » lui resta en travers de la gorge. Sur le post-it qu’il colla sur la page du manuscrit, il inscrivit en toute simplicité : « Faux », réfutant ainsi le témoignage d’un des principaux témoins de la tragédie ! Édifiant ! Je découvris un peu plus tard qu’il était un féal « sujet » de Louis XVIII. Ayant bien évidemment refusé son diktat, je compris très rapidement que j’aurai quelques soucis avec lui. Cela ne manqua pas de se produire, et, sans entrer dans des détails techniques, il fit tout ce qu’il fallait – chose facile – pour nuire à mon livre. Et il y réussit grandement. C’est à cette occasion que j’ai découvert que certains royalistes n’avaient rien abdiqué, qu’ils savaient être nuisibles, et que, malgré leurs belles envolées, l’honneur leur faisait défaut. Mais ne soyons pas inquiets, la relève est assurée.

5 – Je ne croyais pas si bien dire. En effet, dans un article du « Canard Enchaîné » intitulé : « Buisson, le petit roi du Rex » (n° 5097) consacré à la présentation au cinéma parisien le Rex d’un documentaire sur les guerres de Vendée (« Les manants du roi »), on peut lire ceci : « … Sur le vaste escalier du Rex s’égosille virilement toute la soirée le Chœur Montjoie Saint-Denis : “Vive la Reine et vive le Roi à jamais”… L’un des choristes confie avec ferveur : “Le roi arrive, nous préparons sa venue” ». À titre personnel, je précise que je ne partage pas les options des Vendéens de ce temps, ce qui ne m’empêche pas d’avoir la plus grande considération pour leur courage. Comment pourrait-il en être autrement lorsque Napoléon ne les évoquait que sous l’appellation de « Géants de la Vendée ».

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