On ne meurt que 2 fois – épisode 4

Lorsque j’ai appris la nouvelle de cette « intronisation » de Thierry Lentz à la SNI – il doit jubiler : l’imprenable forteresse Weider enfin investie grâce au cheval de Troie américain – j’ai aussitôt pensé que Ben Weider allait, selon l’expression populaire, « se retourner dans sa tombe » devant la trahison de celui qui lui a succédé.

Mais je me suis souvenu d’une interview donnée par un très grand astrophysicien anglais, récemment décédé, Stephen Hawking.

Au journaliste qui lui demandait ce qu’il pensait de la « vie éternelle », cet explorateur immobile (1 – se référer en bas de texte) de l’univers répondit :

It is a fairy tale for people afraid of the dark.

Inutile de traduire.

Je me suis alors dit que, si ce savant a vu juste, Ben Weider n’aura peut-être jamais conscience de la trahison indigne de celui qui lui a succédé, ni du dernier coup bas que viennent de lui porter ses peu honorables adversaires, et qu’il pourra quand même reposer en paix, mission accomplie.

Extrait d’une lettre de Ben Weider à Thierry Lentz :

« … J’avoue avoir été plus surpris encore lorsque vous écrivez que nos rapports ont été toujours courtois lorsque nous avons traité en direct ».

« Pour ne citer que deux exemples parmi de nombreux autres, pensez-vous qu’elles furent “courtoises” vos deux interventions des mois de juin et décembre 2001 sur Europe 1, dans lesquelles vous avez longuement ironisé – sans que je puisse répondre ‑ auprès de millions d’auditeurs sur cette thèse de l’empoisonnement qui vous dérange tant, et sur laquelle pèse un silence concerté ?

« Pensez-vous qu’elle fut courtoise votre autre intervention de Strasbourg au cours de laquelle vous avez, en public, ironisé une fois encore, sur, outre, bien sûr, la thèse de l’empoisonnement, les, je cite, “5 adeptes” de la SNI, comme si ses membres appartenaient à une secte dont je serais le gourou ?

« Je suis heureux d’avoir pu permettre à la « Florida State University » de disposer d’une chaire d’études sur le Premier Empire, mais je le suis aussi d’avoir consacré beaucoup de temps et d’argent à cette recherche des véritables causes de la mort de Napoléon, qui est un homme que j’admire et que je respecte. Je ne l’ai fait que dans un seul but : faire avancer la connaissance dans ce domaine.

« J’aurais pu croire que les historiens eussent été intéressés, au moins, à discuter de cette thèse. Au contraire, vous avez, mais vous n’êtes pas le seul, préféré nier et, pire, ridiculiser publiquement – ce que vous continuez de faire – les conclusions des experts reconnus par la communauté scientifique internationale avec des arguments dont je me contenterai de dire que même un adolescent de 15 ans ne les accepterait pas. Tandis que moi, sur ce sujet, j’ai pu faire intervenir des scientifiques du plus haut niveau qui soit – vous en connaissez au moins un, le Dr Pascal Kintz ‑, et ils sont tous parvenus à la même conclusion.

« J’admets bien volontiers que vous ayez un point de vue différent du mien – encore convient-il qu’il soit sérieusement étayé et honnêtement présenté – mais je ne puis admettre tout ce qui s’est passé, cette ironie, ce refus d’un dialogue loyal et d’une discussion franche et, surtout, constructive. Là encore, est-il “courtois” de priver l’autre de la possibilité de s’exprimer et de faire valoir ses arguments ?

« Je vous le redis, Monsieur le Directeur, j’ai certes été sensible aux termes de votre lettre, mais je crois que seule cette citation, de Napoléon bien sûr, saura mettre un terme approprié à la réponse que je vous fais : “Je puis bien pardonner, oublier, c’est une autre chose”. »


1 – Astrophysicien de renommée mondiale, Stephen Hawking souffrait depuis les années soixante de la maladie dite « de Charcot », qui affecte les neurones moteurs, et enlève presque tout contrôle neuromusculaire.

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