SUR LE TERRAIN, RIEN NE TRAHIT

Pour les commémorations du bicentenaire, les journalistes de presse, de radio et de télévision se sont principalement focalisés sur Napoléon, faisant sortir du placard quelques « historiens », « politiciens » et « pique-assiette » – d’ailleurs, il se dégage toujours une odeur de renfermé.

DÉNIGRER L’ICÔNE

Ah, on peut dire qu’ils ont cet art bien propre à eux de commenter – on ne va pas dire analyser – en restant éloignés de la sueur et de la poudre des reconstitutions historiques. Ça blablate, ça publie aux éditions de la Maf, avec la recette magique qui trouble les lecteurs, auditeurs et téléspectateurs non avertis : pour deux lignes ou deux minutes d’éloge, obtenez une page ou dix minutes de lynchage, avec une pincée d’erreurs et de fabulations. Cela nous fait de suite penser à tout ce qui différencie un Ségur d’un Gourgaud. Et même après un duel*, les faibles arrivent encore à s’en sortir, n’est-ce pas ?

Cependant, les organismes de presse, de radio et de télévision ont perdu le monopole de l’espace médiatique face à l’internet mobile. Constatez leurs ventes et leurs audiences, elles chutent. La preuve, l’État et certains milliardaires viennent à la rescousse pour intérêts republicanistes. Leur survie passe par le numérique, mais c’est un peu trop tard, car entre-temps, leurs ex-abonnés n’ont pas été dupes de ce virage, et ont un large choix d’organismes d’informations, indépendants et plus performants.

PERSONA NON GRATA

Rien à propos des maréchaux, des généraux et autres héros du Premier Empire. Il semble que cela ne soit pas intéressant – comprenez, ça ne doit pas être rentable « financièrement » – L’argent, voilà ce qui fait tourner les faibles têtes, elles ont toujours quelques dettes attachées à leurs guiboles.

Les « Avertis », vous devez bien avoir autour de vous des personnes un peu niaises qui gobent ces vieux médias bobos. Elles ont entendu par hasard le nom « Napoléon » et vous le rapportent avec ironie, faisant style de s’y connaître. Le vrai est qu’elles n’ont jamais lu un livre sur le sujet, qu’elles s’en moquent, et qu’elles savent à quel point la médiocrité les anime.

Demandez si elles connaissent Gourgaud, Lepic, Drouot, Duroc, Murat, Muiron, Desaix, Lasalle, Lannes et Cambronne etc… Il y a tant de héros qu’elles ignorent.

L’HISTOIRE SE FAIT SUR LE TERRAIN

Invitez les hypocrites sur le terrain, cet endroit où rien ne trahit, où la mort est présente, où il faut passer les obstacles par la souffrance, en allant chercher au fond du cœur le courage, l’honneur et l’élégance, autrement dit le panache. Vous pouvez déjà prédire qu’ils seront absents et qu’ils chercheront des excuses. D’ailleurs qu’en pense Napoléon ? : « Le courage ne se contrefait pas, c’est une vertu qui échappe à l’hypocrisie. »

Croyez-vous que les hommes aient changé depuis l’Antiquité, depuis Hannibal, César, Charlemagne, et Napoléon ? Non, rien n’a changé. Les hommes de terrain, par leurs actes, font l’Histoire et guident les égarés. Depuis deux siècles, historiens, politiciens, écrivains, et journalistes ont circulé les uns après les autres pour raconter ce qu’ils ne savaient pas. Devant les hommes de terrain, ils baissent le regard, et d’un geste de la main, ils s’agenouillent. Voilà la réalité.

Duel* : après les assertions du général de salon Ségur sur la campagne de Russie 1812, le général de terrain Gourgaud le provoqua en duel… Ségur s’en sortit blessé.

Image à la une : Le colonel Lepic à la bataille d’Eylau avec les grenadiers à cheval de la Garde impériale, huile sur toile d’Edouard Détaille (1893) – Musée Condé.

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2 Réactions

  1. Jean-Claude Damamme 24 octobre 2015 at

    Faute d’être resté quelque temps sans venir visiter le « Carré », je n’avais pas lu cet article de Loïck Bouvier.

    Je viens de combler cette lacune. Et j’en suis heureux.

    D’abord parce qu’il est toujours émouvant de revoir cette grande figure – grande gueule de Lepic à Eylau, et, ensuite, pour le plaisir de lire un tel texte.

    Pas de langue de bois.

    Démontage de ce ridicule et pompeux cirque médiatique « bobo » qui, pour « blablater » sur Napoléon et l’Empire, exhume de leurs placards « historiens, politiciens » et « pique-assiette », une opération qui dégage toujours une « odeur de renfermé »… Quelle baffe !

    Il est vrai que pour ce défenseur quasi emblématique de la mémoire de Napoléon qu’est Loïck Bouvier, le spectacle que donnent les catégories précitées est singulièrement nauséeux.

    Entre autres vilenies, je garde en mémoire l’interview, complaisante jusqu’à la servilité, de Lionel Jospin par Laurent Joffrin, dans « L’Obs » lors de la sortie de son livre « Le Mal Napoléonien ». Triste spectacle.

    Offensif, corrosif, ce texte du Manager du Carré est à la fois, un hommage – sincère, ce qui élimine bien des individus suggérés dans le corps de l’article – aux TVA (« Très Vénérables Anciens » dans le jargon de Saint-Cyr) qui ont fait cette époque à nulle autre pareille, et une dénonciation aiguë des mœurs, médiatiques ou autres, de notre époque tarée.

    Les quelques lignes qui précèdent ne sont pas dictées par mon amitié pour Loïck Bouvier ni par la considération que je porte à son action.

    La flagornerie n’est pas mon « truc », sinon je serais allé là où vont tous les autres. Ce que j’écris est donc totalement sincère.

    Jean-Claude Damamme

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  2. CHAMPAURIE Jean-Hervé 27 octobre 2015 at

    Lors de la retransmission de la reconstitution de la bataille de Waterloo, le journaliste BFMTV a parlé de « Bonaparte, ce petit immigré arrivé en France alors qu’il ne parlait que très mal le français ! ». Je ne sais pas où il a été cherché cela : Napoléon est né en Corse, en France. Il n’a jamais été immigré. Arrivé à 16 ans dans ma ville, à Valence, il était lieutenant d’artillerie au Régiment de la Fère. Ce journaliste, sans doute bobo ou socialo décadent, devrait ouvrir les livres d’histoire : ça le rendrait moins con !

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