TALLEYRAND SUPERSTAR

Il arrive que « le monde de la Télévision » fasse des émissions ou des documentaires sur « Napoléon » ou sur la période napoléonienne.

Jusqu’en 2015, il y en a eu régulièrement en rapport avec les bicentenaires. C’est aussi une occasion de promouvoir « le monde des éditions papier » et des auteurs. Mais il faut s’attendre à en voir de moins en moins sur ce sujet, car la 2nd Guerre Mondiale a pris largement le relai – se référer, par exemple, à des magasins comme la Fnac où l’on observe une invasion de livres sur la période 1939-1945 – ça rapporte beaucoup plus d’argent aux éditions, et certains auteurs ont flairé la « bonne affaire ».

Fin 2011, il y avait une émission sur Public Sénat, et pas à n’importe quelle date, le « 2 décembre », jour de la victoire d’Austerlitz ! Logiquement, ça devait faire l’éloge de Napoléon.

Dans l’annexe historique de la Bibliothèque du Palais du Luxembourg, le présentateur Jean-Pierre Elkabbach avait invité des « historiens » : Thierry Lentz (directeur de la Fondation Napoléon et « universellement connu » d’après un de ses éditeurs) pour les « Correspondances de Napoléon », Emmanuel de Waresquiel pour son livre « Les dernières nouvelles du diable », Michel Crépu pour son livre « Chateaubriand études historiques », Bruno Colson pour son livre « Napoléon de la guerre », et Pierre Branda pour son livre « Napoléon et ses hommes ».

LE 2 DÉCEMBRE, LA SAINT TALLEYRAND ?

Mais le problème est qu’ils parlaient plus de Talleyrand que de Napoléon.

T. Lentz et E. de Waresquiel étaient venus expliquer pourquoi Talleyrand fut vraiment « un être exceptionnel », « un homme politique que le monde entier nous envia », « un dieu de la diplomatie », « un être hors du commun » qui comprit beaucoup mieux les problèmes de son siècle que cet « imbécile de Napoléon, obnubilé par son ambition et sa volonté d’être le maître du monde ».

Le hic est que leurs points de vue sont franchement discutables pour ceux qui s’intéressent un tant soit peu à l’Histoire.

Comment oublier que le plus grand traître de l’Histoire de France fut Talleyrand ?

Talleyrand servit dans tous les régimes !

  • Pour l’expédition d’Égypte, il trahit en ne se rendant pas à Constantinople : il devait expliquer le but de l’expédition à la Sublime Porte.
  • Après la bataille d’Austerlitz du 2 décembre 1805, il trahit en négociant les indemnités de guerre : il négocia 50 millions de francs, alors que son successeur négocia 90 millions de francs après la bataille de Wagram en 1809. Combien d’argent s’était-il mis dans la poche ?
  • À la conférence d’Erfurt en 1808, il trahit en poussant Alexandre, le tsar de Russie, à faire la guerre contre la France.

Qu’importe pour T. Lentz et E. Waresquiel, Talleyrand fut « un très grand négociateur ». En effet, il fut pour l’alliance avec l’Autriche.

Et il faut savoir que Napoléon pensa, au contraire, que les puissances émergentes seraient la Russie, les États-Unis d’Amérique et la Chine. Il pensa que le moteur de l’Europe serait le couple franco-allemand, issu de l’Empire de Charlemagne, d’ailleurs c’est la raison pour laquelle il créa la confédération du Rhin. Il pensa aussi à l’unité de l’Italie et à l’indépendance de la Pologne.

En faisant cette comparaison, on sait qui possède le génie politique.

Avec tant d’éloges sur Talleyrand, on se demande pourquoi T. Lentz n’est pas directeur de la « fondation Talleyrand ». Pourquoi n’a-t-il pas créé une association ou un « truc » dans ce genre où tous les fans de Talleyrand légueraient leurs biens ?

Non, « hasard », il a préféré la Fondation Napoléon.

Et cela ne le dérange pas de répandre les idées les plus fausses comme celle où « Napoléon aurait dû faire la paix en 1810 et en 1811″.

N’a-t-il jamais lu les lettres de paix de Napoléon ?

Ignore-t-il sa magnanimité envers ses ennemis défaits ?

Ignore-t-il la mauvaise foi, les bassesses, les mensonges, les trahisons des « coalisés » ?

Non, apparemment, ces « historiens » ont une sorte d’adoration pour Talleyrand.

Peut-être que T.Lentz et E. Waresquiel se retrouvent dans la morale du diable boiteux ?

Au final, Jean-Pierre Elkabbach a bien raison de demander si Talleyrand est à la mode, à cause du battage médiatique, ou si c’est un personnage historique que tout le monde a oublié. La réponse est assez simple…

Talleyrand

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