Thierry Lentz / Audencia : le teaser pour tenter de vendre

L’année 2020 a été marquée par la pandémie de Covid-19 et ses centaines de milliers de morts dans le monde, ainsi que par les dramatiques émeutes dans plusieurs grandes villes américaines après l’assassinat d’un « Afro-Américain », et ces évènements ont failli priver la France d’une information d’une importance capitale : une conférence que devait donner en octobre ou novembre 2020 notre ami directeur de la Fondation Napoléon, Thierry Lentz, au profit des étudiants de l’école de commerce Audencia de Nantes a été annulée !

Rien que ça !

Heureusement, une fois la nouvelle annoncée sur Facebook, la victime a pu la repartager en ces termes :

« Publicité gratuite.

« Audencia, l’école de commerce de Nantes mérite bien un peu de publicité.

« Leur [y aurait-il plusieurs écoles « Audencia » ?] association d’étudiants m’avait invité à venir faire une conférence sur Napoléon. La direction de l’école vient de leur indiquer “ qu’elle ne souhaite pas valoriser l’héritage napoléonien en cette période”.

« Je suis donc désinvité. C’est la première fois que cela m’arrive dans un établissement d’enseignement.

« J’apprécie la franchise de cette “direction” qui est une sorte d’aveu ; on a donc plus aucun doute sur son courage, sans parler de son rejet de l’héritage napoléonien auquel elle n’a rien compris. »

Et, incontinent, le chœur des pleureuses a entonné le grand air de la persécution, vouant aux gémonies les « censeurs ignorants ».

La censure si censure il y a, ce n’est bon que pour les autres, n’est-ce pas M le Directeur.

L’historien vedette désinvité

Voici donc désinvité l’historien vedette du Premier Empire, l’homme multi-casquettes qui « écrit » plus vite que son ombre. Il faut voir son hallucinante bibliographie et la fréquence des parutions qui suggèrent des journées de PME faisant les 3×8. Rajoutons son dernier opus, dont ses fidèles amis du « Point » écrivent qu’il « s’est attelé seul à la tâche herculéenne) [sic] d’un nouveau Dictionnaire (Perrin) : une sorte de biographie en 300 entrées et 1 000 pages, claires, sy… »

Synthétiques je suppose, je ne suis pas abonné au magazine pour lire la suite.

On se sent bien petit !

Exemple succinct pour concrétiser le propos : entre 2018 et 2020, notre talentueux tâcheron a « commis » plus de 2 180 pages ! Oublions la frappe, car il a des petites mains pour effectuer cette humble tâche, mais il reste tout de même les recherches et l’écriture, qui ne sont pas rien.

Aussi, lorsqu’on lit dans « Le Point » cette mention « Attelé seul », on a vraiment le sentiment que l’on nous prend pour des demeurés !

Regardons l’affaire de plus près.

Si l’on veut bien considérer cette annulation si c’en est vraiment une, l’école ayant évoqué un report, mais il semble peu convaincant comme une nouvelle, elle méritait cinq lignes dans le quotidien nantais Presse Océan pour informer du contrordre les personnes éventuellement intéressées.

Et non pas d’ameuter le pays, car, pour rester dans l’actualité, il ne s’agissait tout de même pas de l’annonce d’une conférence de l’infectiologue le plus célèbre de France, le Professeur Didier Raoult, ce professeur « ressemblant à Buffalo Bill » que le virus nous a « jeté dans les jambes » (« Lettre ouverte à M. le Virus », signée Thierry Lentz. Subtil ! Le Point du 1er mai).

Souvent étalée à propos de l’empoisonnement de Napoléon, l’élégance de Thierry Lentz ne laisse jamais de m’interpeller, selon l’expression en vigueur.

De Bouygues à Napoléon

D’une cohérence papale…

Qui pense-t-il être ?

De quel droit gonfle-t-il ainsi son ego jusqu’à se croire autorisé à se payer la tête d’un scientifique internationalement reconnu et honoré ?

Rappelons quand même qu’il n’est que le directeur d’une association de type Loi de 1901, qui doit son existence à l’admiration que l’industriel Martial Lapeyre portait à Napoléon au point de léguer l’ensemble de sa fortune (quelque 260 millions de francs lourd en 1983) au Souvenir Napoléonien.

Sans la générosité de Lapeyre, Thierry Lentz, qui fut parachuté dans le fauteuil de directeur de la Fondation Napoléon en 2000 (au fait pourquoi lui ? Il n’y avait pas d’historien disponible ?) ne serait peut-être encore qu’un employé du groupe Bouygues.

Tiens, à propos du Pr Raoult et de la médication dont il prône l’utilisation pour traiter les victimes du Covid-19, notre ami, dont nous avons déjà souligné la vulgarité dans un autre contexte, n’a pu s’empêcher de nous gratifier de son avis autorisé avec des mots bien à lui. Et bien sûr, il hurle avec les loups (ça peut toujours être utile) :

« La chloroquine, c’est comme l’homéopathie, y a qu’en France qu’on croit que ça marche. »

« Y a qu’en… ». Toujours ce raffinement dans l’expression écrite.

Et il ajoute : « Avec ça, s’il n’y a pas un pic de circulation sur ma page…. »

Ce malheureux serait-il en mal de reconnaissance ?

Napoléon « pas controversé »

napoleonic wars
Napoleonic Wars ou les guerres napoléoniennes, appellation controlée…

Quelle que soit la victime, le « routard » de la censure que je suis ne peut effectivement qu’être choqué par la décision prise par l’école, mais uniquement si l’on parle d’une vraie censure, comme celle qui a bloqué la publication d’un livre, qui, par sa durée, est plus important qu’une conférence de soixante minutes, « l’orateur » ne devant guère aller au-delà.

J’ai beaucoup apprécié cette phrase tiré de l’interview du Figaro :

« La figure de Napoléon n’est pas controversée si l’on fait de l’histoire ».

Quelle justesse de vue !

Ces deux extraits de commentaires de lecteurs du Point.fr à propos d’un article sur un autre thème, écrit par le même auteur qui consacre une page à la petite mésaventure de Thierry, corroborent ce jugement définitif :

« Quant à l’auteur de ce texte revanchard digne de 1870 ou 1918, ses deux livres sur Napoléon montrent bien qu’il aime les dictateurs et les monstres. Napoléon fut le Hitler du début du XIXème siècle ». (Le Point du 8 mai)

« La haine de l’Allemagne exprimée par l’auteur date du début du 20ème siècle. Il me semble être un admirateur de Napoléon. C’est tout dire. »

Bien vu. Effectivement, Napoléon n’est pas « controversé ».

Une bonne affaire

Allez, soyons quand même positifs.

L’affaire (si c’en est une), s’avère finalement, et nous nous en réjouissons, plutôt très profitable pour la publicité personnelle de notre ami.

Jugez plutôt.

Une longue interview dans un grand quotidien, le Figaro, plus un long article dans un magazine de renom, Le Point, un autre encore dans Valeurs Actuelles (fief de son « maître Jean Tulard »). Même « Jeuxvidéo.com » se joint à la croisade. C’est dire la portée de l’affaire Audencia.

Un(e) groupie, qui défie le mauvais sort, lance comme une incantation :

« Et bien, nous allons organiser deux conférences avec deux invitations dans deux écoles de commerce différentes. Vive la liberté d’expression ! »

Émouvant.

Et Thierry Lentz peut enfin annoncer sur Facebook qu’il « croule sous les invitations ».

Mission accomplie ! Merci Audencia.

Elle est pas belle, la vie ?

En outre, grâce à ses pleurnicheries sur Facebook (seul réseau social qu’il maîtrise un peu…), les foules ont pu apprendre la parution prochaine d’un nouveau livre signé Thierry Lentz !

Il est vrai qu’avec ces gens-là le commerce ne perd jamais ses droits.

Mais j’y pense, où donc avais-je la tête ?

C’est vrai, tout cela c’est pour Napoléon.

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