UN ANGLAIS PARLE AUX FRANÇAIS

Un Anglais parle aux Français… Mais en anglais !

Parmi ceux de nos compatriotes qui ont connu l’occupation allemande, il en est certainement qui se souviennent d’une émission de la France Libre, diffusée par la BBC : « Les Français parlent aux Français » qu’ils écoutaient le soir à la veillée, l’oreille collée au poste, et à leurs risques et périls.

En voici une version napoléonienne, sauf que, dans le cas présent, c’est un Anglais qui parle aux Français, et que l’enregistrement proposé est fait – si possible – pour avoir la plus large audience. On verra plus bas que c’est raté.

C’est à notre plus ardent soutien – la Fondation Napoléon – que nous devons cette vidéo publiée sur son site internet, « Napoleonica ».

THE DEATH OF NAPOLEON

Intitulée « The Death of Napoleon », cette courte vidéo – 59 secondes – nous donne à voir et à entendre un homme s’exprimant, donc, en anglais.

Qu’apprenons-nous dans ce petit document sonore ?

Que Napoléon est décédé sur l’île de Sainte-Hélène le 5 mai 1821, qu’une autopsie démontra qu’il souffrait d’une maladie de l’estomac qui entraîna une hémorragie à laquelle il succomba.

De l’inédit, donc.

L’orateur en vient très vite à la partie que l’on devine la plus importante du document (et sa véritable raison d’être  : l’empereur des Français étant mort « relativement » jeune, certains voient dans ce trépas prématuré la patte des « méchants (“wicked”) Anglais », d’autres, celle des royalistes. Et pourquoi pas les deux ?

Comme il n’existe, affirme-t-il, aucune preuve d’un quelconque empoisonnement, mais que, en revanche, un rapport d’autopsie parfaitement cohérent avec les exigences de la science moderne, qui, lui existe et confirme cette fatale maladie, notre homme conclut fermement :

« Il n’y a aucune raison d’aller plus loin ».

C’est donc une démonstration implacable qui vient de nous être administrée.

« Pas de preuves ! »

Loin de nous le désir de nous montrer désagréable, mais l’orateur aurait intérêt à mettre ses « data » à jour, en consultant, par exemple, l’épais dossier sur l’empoisonnement de Napoléon figurant sur le site de la « Société Napoléonienne Internationale de Montréal ».

Comme l’expérience pourrait s’avérer éventuellement douloureuse, donnons-lui, et en anglais pour ne point le décourager, le lien vers le site : www.napoleonicsociety.com

Il y trouvera les résultats des analyses réalisées par des scientifiques français et étrangers dont la réputation scientifique est reconnue internationalement, et qui ont conduit à la mise en lumière de cette affaire, cauchemar de la « napoléonie », qui, en dépit de louables efforts, a échoué à l’étouffer.

Aussi ne fait-il aucun doute qu’il nous reviendra avec une version sensiblement modifiée de son exposé…

Comme tous les idéalistes, je suis rêveur et naïf.

LAMENTABLE ET PITEUSE

Plus sérieusement, toute cette petite affaire est si lamentable, si biaisée, piteuse et nulle que l’on en viendrait presque à éprouver de la commisération pour ses promoteurs, si l’on ne savait que c’est avec de tels procédés que cette infatigable machine à désinformer continue d’abuser le grand public.

Une consolation : mise sur le site « You Tube » le 7 février dernier elle n’a, depuis, été visionnée que… 264 fois.

On ne peut pas dire que le bienfaiteur-donateur, l’industriel Martial Lapeyre, en ait réellement pour ses deux cent soixante millions de francs des années 80 !

Un mot sur l’intervenant : il s’agit de M. Peter Hicks, présenté comme « Historien et Directeur des Affaires Internationales à la Fondation Napoléon ».

Pour la petite histoire : il est aussi, avec Thierry Lentz, l’un des principaux artisans du honteux « essorage » du « Mémorial de Sainte-Hélène » que nous avons évoqué sur le « Carré ».

Une référence, donc.

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